Henry Richardson Labouisse Jr. est né le 11 février 1904 à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Issu d'une famille établie, il a grandi dans un environnement qui valorisait l'éducation et le service public, ce qui l'a mené à fréquenter l'Université de Princeton. Après avoir obtenu son diplôme en 1926, il a poursuivi ses études à la Harvard Law School, où il a décroché son diplôme de droit en 1929. Cette solide formation académique a jeté les bases d'une carrière juridique et diplomatique exceptionnelle.
Admis au barreau de l'État de New York en 1930, il a d'abord pratiqué le droit au sein d'un cabinet privé. Cependant, l'appel du service public pendant la Seconde Guerre mondiale l'a poussé à rejoindre le Département d'État des États-Unis en 1941. Durant cette période charnière, il a occupé divers postes de direction liés à la politique économique étrangère, démontrant une capacité rare à naviguer dans les complexités de la logistique internationale et de l'aide humanitaire.
Son expertise a été cruciale lors de la mise en œuvre du plan Marshall après la guerre. En tant que chef de mission de l'Administration de coopération économique en France de 1951 à 1954, Henry Richardson Labouisse Jr. a joué un rôle déterminant dans la reconstruction de l'Europe. Sa gestion rigoureuse et sa vision diplomatique ont permis de stabiliser des économies dévastées, lui forgeant une réputation de négociateur efficace et de gestionnaire empathique sur la scène mondiale.
En 1954, il a été nommé directeur de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Pendant quatre ans, il a supervisé l'aide apportée à des centaines de milliers de réfugiés, travaillant sans relâche dans un contexte politique extrêmement tendu. Son engagement envers les populations vulnérables est devenu la marque de fabrique de son parcours professionnel, attirant l'attention des plus hautes instances internationales.
Après un passage comme ambassadeur des États-Unis en Grèce au début des années 1960, il a entamé ce qui restera sans doute son mandat le plus emblématique. En 1965, il est devenu le deuxième directeur général de l'UNICEF. Sous sa direction, l'organisation a élargi son champ d'action, ne se contentant plus de l'aide d'urgence mais s'attaquant aux besoins globaux de l'enfant, incluant l'éducation, la nutrition et la santé sur le long terme.
C'est sous sa direction, en 1965, que l'UNICEF a reçu le prix Nobel de la paix. Henry Richardson Labouisse Jr. a eu l'honneur d'accepter cette distinction au nom de l'organisation à Oslo. Dans son discours, il a souligné que la paix mondiale ne pourrait être durable que si l'on s'occupait du bien-être des générations futures. Son leadership a transformé l'UNICEF en une agence de développement incontournable, respectée par-delà les frontières idéologiques de la guerre froide.
Sur le plan personnel, il a épousé en secondes noces Ève Curie en 1954, la fille de Pierre et Marie Curie. Ensemble, ils formaient un couple de diplomates très respecté, voyageant dans plus de cent pays pour promouvoir les causes humanitaires. Bien qu'il ait pris sa retraite de l'UNICEF en 1979, il est resté actif dans diverses organisations caritatives et conseils d'administration, continuant d'offrir sa sagesse et son expérience aux nouvelles générations de diplomates.
Henry Richardson Labouisse Jr. s'est éteint le 25 mars 1987 à New York, à l'âge de 83 ans, des suites d'un cancer. Son héritage demeure vivant à travers les structures de l'aide internationale qu'il a aidé à bâtir. Il est inhumé au cimetière de Princeton (Princeton Cemetery), dans le New Jersey, aux côtés de son épouse. Sa sépulture se trouve dans ce lieu historique où reposent de nombreuses personnalités ayant marqué l'histoire américaine et académique.