Richard Burton, de son vrai nom Richard Walter Jenkins, est né le 10 novembre 1925 à Pontrhydyfen, un petit village minier du Pays de Galles. Il est le douzième d’une fratrie de treize enfants. Orphelin de mère à l’âge de deux ans, il est confié à sa sœur Cecilia et à son mari, qui l’élèvent avec bienveillance malgré une vie modeste. Très tôt, il montre des dons remarquables pour la littérature et l’art oratoire, encouragé par un de ses professeurs, Philip Burton, qui deviendra son mentor et dont il adoptera le nom plus tard.
Adolescent brillant, il obtient une bourse pour étudier à l’Université d’Oxford grâce à ses talents en théâtre et en langue anglaise. Cependant, sa carrière universitaire est interrompue par la Seconde Guerre mondiale. Il s’engage dans la Royal Air Force en 1944, où il sert comme navigateur. Cette expérience militaire renforce son assurance et lui donne une maturité qui se ressentira plus tard dans ses rôles d’acteur.
Après la guerre, Richard Burton revient à Oxford et décide de se consacrer pleinement au théâtre. Il débute sur les planches au début des années 1940 et son talent éclate rapidement. Sa voix grave, son accent gallois et sa prestance en font une figure singulière du théâtre britannique. En 1949, il fait ses premiers pas au cinéma dans *The Last Days of Dolwyn*, avant d’être remarqué pour son rôle dans *My Cousin Rachel* en 1952, qui lance véritablement sa carrière à Hollywood.
Durant les années 1950 et 1960, Richard Burton devient une star internationale. Il enchaîne les rôles dans des films prestigieux tels que *The Robe* (1953), *Alexander the Great* (1956), *Cleopatra* (1963) ou encore *Who’s Afraid of Virginia Woolf?* (1966). Sa collaboration avec Elizabeth Taylor, qu’il épouse deux fois, fait de leur couple l’un des plus médiatisés de l’histoire du cinéma. Leur passion tumultueuse, faite d’amour, de disputes et de réconciliations, fascine la presse du monde entier.
En dehors des plateaux, Burton est un homme cultivé, amateur de poésie, de théâtre classique et de whisky. Il est souvent décrit comme un acteur intense, perfectionniste, parfois tourmenté par le doute et par une vie personnelle mouvementée. Ses excès d’alcool et son tempérament fougueux lui causent plusieurs ennuis de santé et des ruptures professionnelles, mais ils contribuent aussi à forger sa légende d’artiste maudit et passionné.
Malgré ses succès, il ne recevra jamais d’Oscar, bien qu’il ait été nommé à sept reprises. Cela n’enlève rien à son prestige : il est reconnu comme l’un des plus grands acteurs britanniques de sa génération, capable de jouer aussi bien Shakespeare que des drames modernes. Son interprétation de Hamlet et de Richard III sur scène reste encore aujourd’hui une référence pour les amateurs de théâtre.
À la fin de sa vie, Richard Burton se retire progressivement du cinéma et partage son temps entre la Suisse et le Pays de Galles. Il épouse en 1983 Sally Hay, sa dernière épouse, avec qui il retrouve un certain apaisement après des années d’instabilité sentimentale. Il continue néanmoins de tourner occasionnellement, mais sa santé se dégrade à cause de ses problèmes cardiaques.
Richard Burton meurt le 5 août 1984 à Céligny, en Suisse, à l’âge de 58 ans. Il est inhumé dans le petit cimetière du village, non loin du lac Léman. Sa tombe, simple et sobre, porte l’inscription de son nom gallois et rappelle ses racines profondes. De nombreux admirateurs viennent encore s’y recueillir, en hommage à cet acteur d’exception dont la voix et la présence continuent de marquer l’histoire du cinéma.