Joséphine Baker 1906 - 1975

Photo du défunt
Joséphine Baker ♀️
Né(e) le :
dimanche 3 juin 1906
Décédé(e) le :
samedi 12 avril 1975
Ville nais. :
Saint-Louis
Dép. nais. :
Missouri
Pays nais. :
États-Unis
Ville décès :
Paris
Pays de décès :
France
zodiaque :
Bélier
Age :
68 ans, 10 mois, 9 jours
Né(e) il y a :
120 ans, 10 jours
Décédé depuis :
51 ans, 2 mois, 1 jour

Freda Josephine McDonald voit le jour le 3 juin 1906 à Saint-Louis, dans l'État du Missouri aux États-Unis. Grandissant dans un milieu marqué par la pauvreté et la ségrégation raciale, la jeune fille développe très tôt un talent exceptionnel pour la danse et la comédie, qui deviennent ses moyens d'expression et d'évasion. Après avoir fait ses armes dans des troupes de vaudeville itinérantes, elle décide de tenter sa chance de l'autre côté de l'Atlantique, un choix qui va bouleverser sa vie.

Son arrivée à Paris en 1925 au sein de la Revue nègre provoque un véritable séisme culturel. Sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées, sa danse frénétique, sa ceinture de fausses bananes et son sens inné de la dérision fascinent le public parisien de l'époque. Devenue Joséphine Baker, elle s'impose immédiatement comme la reine des Années folles, inspirant les plus grands artistes de l'avant-garde et brisant les stéréotypes avec une audace théâtrale inédite.

Au fil des années, l'artiste complète se révèle également comme une chanteuse de grand talent, notamment avec son interprétation inoubliable du titre J'ai deux amours. Elle devient une vedette incontournable du music-hall français, menant les revues du Casino de Paris ou des Folies Bergère. En 1937, elle épouse un industriel français et obtient la nationalité française, scellant définitivement son attachement viscéral à son pays d'adoption.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, elle refuse de rester spectatrice et s'engage activement pour sa nouvelle patrie. Recrutée par le contre-espionnage français, elle utilise ses tournées et sa notoriété comme couverture pour transmettre des messages secrets écrits à l'encre invisible sur ses partitions musicales. Son courage au service de la Résistance et des Forces françaises libres lui vaudra plus tard d'être décorée de la Légion d'honneur et de la Croix de guerre.

Après le conflit, elle consacre son immense énergie à la lutte pour les droits civiques et contre le racisme. Elle s'installe au château des Milandes, en Dordogne, où elle concrétise son idéal de fraternité universelle en adoptant douze enfants d'origines et de nationalités différentes, qu'elle surnomme affectueusement sa "tribu arc-en-ciel". Cette utopie humaniste, bien que magnifique, l'entraîne cependant dans de lourdes difficultés financières.

Malgré les épreuves matérielles et l'expulsion de son domaine, elle ne renonce jamais et remonte sur scène pour subvenir aux besoins de sa famille, soutenue par de fidèles amis comme la princesse Grace de Monaco. En avril 1975, elle célèbre ses cinquante ans de carrière lors d'une revue rétrospective à Paris, qui s'avère être son ultime triomphe devant un public conquis et ému.

Joséphine Baker s'éteint quelques jours plus tard, le 12 avril 1975 à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, à l'âge de 68 ans, des suites d'une attaque cérébrale. Ses obsèques nationales à l'église de la Madeleine à Paris témoignent de l'immense ferveur populaire et de la reconnaissance de l'État français envers celle qui fut à la fois une icône des arts et une héroïne de la nation.

Après sa crémation, elle est initialement inhumée au cimetière de Monaco, auprès de sa famille. Le 30 novembre 2021, la France lui rend l'hommage suprême en célébrant son entrée solennelle au Panthéon à Paris. Si son corps repose toujours, selon le souhait de ses proches, dans sa sépulture du cimetière de Monaco, un cénotaphe contenant de la terre de ses lieux de vie symbolise désormais sa présence éternelle parmi les grands destins de la République.