Constantin Hokhloff, connu sous le nom de scène de Michel Constantin, naît le 13 juillet 1924 à Boulogne-Billancourt, en banlieue parisienne. Fils d'un immigré russe et d'une mère polonaise, il grandit dans un milieu ouvrier et se tourne d'abord vers le monde du travail. Avant de prêter sa carrure impressionnante au cinéma, il travaille comme ouvrier chez Renault et se passionne pour le sport, une discipline qui va structurer la première partie de sa vie d'adulte.
Sa carrure athlétique trouve son expression dans le volley-ball, un sport où il excelle au plus haut niveau. Il intègre l'équipe de France de volley-ball dans les années 1940 et 1950, devenant même le capitaine de la sélection nationale et remportant plusieurs titres de champion de France avec son club du CO Billancourt. Cette rigueur physique et ce sens du collectif forgent une présence et un charisme qui vont taper dans l'œil des professionnels du spectacle.
Le virage vers la comédie s'amorce à la fin des années 1950 grâce à une rencontre décisive avec le réalisateur Jacques Becker. Ce dernier cherche des visages authentiques pour son chef-d'œuvre carcéral Le Trou, sorti en 1960. Michel Constantin y incarne un prisonnier avec un naturel désarmant et une force tranquille, une prestation marquante qui lance immédiatement sa seconde carrière à l'âge de 36 ans.
Durant les décennies 1960 et 1970, il devient l'une des "gueules" les plus reconnaissables du cinéma français. Son visage buriné, sa voix grave et sa silhouette de colosse le cantonnent naturellement aux rôles de truands au grand cœur, de policiers intègres ou de hommes de main. Il tourne sous la direction des plus grands metteurs en scène de l'époque, notamment Georges Lautner dans Les Tontons flingueurs et Ne nous fâchons pas.
Bien qu'il incarne souvent des personnages rudes et taciturnes à l'écran, il navigue avec une grande aisance entre le film policier noir et la comédie populaire. Sa complicité avec des acteurs comme Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo ou Michel Audiard donne lieu à des répliques cultes. Le public s'attache profondément à cet acteur qui dégage une immense bienveillance derrière son air sévère.
Dans les années 1980, le cinéma fait moins appel à lui, le paysage cinématographique évoluant vers d'autres styles de récits. Il se tourne alors vers la télévision, où il anime pendant un temps des jeux populaires et apparaît dans diverses séries. Il s'éloigne progressivement des plateaux de tournage pour savourer une retraite paisible, loin des projecteurs parisiens.
Il choisit de s'installer dans le sud de la France pour passer ses dernières années, profitant de la douceur de vivre de la presqu'île de Saint-Tropez. Il y mène une vie discrète, restant fidèle à ses valeurs de simplicité et de camaraderie qui l'avaient guidé tout au long de son parcours sportif et cinématographique.
Michel Constantin s'éteint le 29 août 2003 à l'hôpital de Draguignan, dans le Var, à l'âge de 79 ans, des suites d'une crise cardiaque. Après sa disparition, sa dépouille est incinérée et ses cendres sont dispersées sur la plage de Gigaro à La Croix-Valmer, face à cette mer Méditerranée qu'il affectionnait tant, ne laissant aucune sépulture physique mais un souvenir impérissable dans l'histoire du cinéma français.