Roger Vladimir Plemiannikov, plus connu sous le nom de Roger Vadim, naît le 26 janvier 1928 à Paris. Fils d'un diplomate français d'origine russe, il grandit dans un univers cosmopolite qui forge son goût pour l'esthétique et une certaine forme de liberté intellectuelle. Cette dualité culturelle marquera toute son œuvre cinématographique, oscillant entre le raffinement européen et une modernité provocatrice.
Il débute sa carrière dans le journalisme et le théâtre avant de devenir l'assistant du réalisateur Marc Allégret. C'est durant cette période d'apprentissage qu'il affine son regard sur la mise en scène et développe un talent particulier pour diriger les acteurs. Sa rencontre avec la jeune Brigitte Bardot, qu'il épouse en 1952, devient le catalyseur de sa carrière et d'un bouleversement majeur dans le cinéma français.
En 1956, il réalise son premier long-métrage, Et Dieu... créa la femme. Le film fait l'effet d'une bombe culturelle. En filmant la sensualité de Bardot de manière directe et sans artifice moralisateur, Vadim invente un nouveau type de féminité à l'écran. Il devient instantanément le symbole d'une jeunesse en rupture avec les traditions d'après-guerre, ouvrant la voie à la Nouvelle Vague.
Tout au long des années 1960, Vadim s'affirme comme le "pygmalion" du septième art. Il possède ce don rare de révéler des icônes mondiales, travaillant successivement avec Annette Stroyberg, Catherine Deneuve et Jane Fonda. Ses films, bien que parfois critiqués pour leur superficialité, capturent l'esprit du temps, mêlant érotisme chic, décors luxueux et une vision hédoniste de l'existence.
Son passage à Hollywood marque une étape internationale avec des œuvres comme Barbarella en 1968. Dans ce film de science-fiction psychédélique, il met en scène Jane Fonda dans un univers visuel exubérant qui devient culte. Vadim ne se contente pas de filmer des histoires ; il crée des atmosphères et des styles de vie qui influencent la mode et les mœurs de son époque.
Au-delà de la caméra, l'homme est une figure incontournable de la vie mondaine et culturelle. Sa vie privée, rythmée par cinq mariages et des liaisons célèbres, est scrutée par la presse du monde entier. Pourtant, derrière l'image du séducteur invétéré se cache un auteur sensible, capable de passer de la réalisation de films à l'écriture de mémoires et de romans à succès.
Dans la dernière partie de sa vie, Roger Vadim se tourne vers la télévision et le théâtre, tout en continuant à écrire. Il conserve jusqu'au bout ce regard bleu azur et cette élégance désinvolte qui le caractérisaient. Il s'éteint le 11 février 2000 à Paris, succombant à un cancer à l'âge de 72 ans, laissant derrière lui une filmographie qui témoigne de l'évolution des libertés individuelles au XXe siècle.
Roger Vadim est inhumé au cimetière de Saint-Tropez, dans le Var. Son choix repose face à la mer, dans ce village qu'il a contribué à rendre mondialement célèbre par ses films. Sa sépulture, simple et sobre, est devenue un lieu de passage pour ceux qui souhaitent rendre hommage à l'homme qui a su transformer la lumière de la Côte d'Azur en un mythe cinématographique éternel.