Alexandra Boulat est née le 2 mai 1962 à Paris. De son véritable nom Alexandra Annie Boulat, elle grandit dans une famille profondément ancrée dans l'univers de l'image et du journalisme. Son père, Pierre Boulat, est un photographe de renommée internationale ayant travaillé pour de grands magazines comme Life, tandis que sa mère, Annie Boulat, est la fondatrice de l'agence Cosmos. Cet environnement familial stimulant façonne très tôt son regard artistique et sa sensibilité au monde qui l'entoure.
Initialement attirée par la peinture et les arts plastiques, elle suit une formation à la prestigieuse École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Durant cette période d'apprentissage, elle développe un sens aigu de la composition, des couleurs et des formes. C'est en 1989 qu'elle décide finalement de délaisser le pinceau pour l'appareil photo, choisissant d'embrasser pleinement le métier de photorreporter afin d'immortaliser les réalités et les drames contemporains.
Au cours des années 1990, Alexandra Annie Boulat s'impose comme une figure incontournable du reportage de guerre. Elle couvre la dislocation de l'ex-Yougoslavie et documente avec une rare intensité les conflits en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo. Ses images saisissent toute la douleur et la dignité des populations civiles touchées par les tragédies de la guerre, témoignant d'une démarche humaniste forte où la recherche de la vérité prime sur le sensationnalisme.
En 2001, elle franchit une étape majeure dans sa carrière en cofondant l'agence VII aux côtés de six autres grands photographes de presse, parmi lesquels figurent James Nachtwey et Ron Haviv. Cette structure indépendante est créée pour permettre aux auteurs de garder le contrôle direct de leur travail et de diffuser des reportages au long cours sans subir les contraintes mercantiles des grands groupes médias.
Le Moyen-Orient devient par la suite l'un de ses terrains de prédilection. Alexandra Annie Boulat passe de nombreuses années sur le terrain à documenter le quotidien de la société palestinienne, le conflit israélo-palestinien, la chute du régime d'Saddam Hussein en Irak ou encore la situation des femmes en Afghanistan sous le régime des Talibans. Son travail met constamment en lumière les aspects méconnus et intimistes de la vie dans les zones de guerre.
Ses photographies d'une grande puissance expressive sont publiées par les titres de la presse internationale les plus prestigieux, à l'image de National Geographic, Time, Newsweek ou Paris Match. Elle est honorée par plusieurs distinctions internationales majeures pour la qualité exceptionnelle de son œuvre, recevant notamment le prix Visa d'or au festival Visa pour l'image de Perpignan et le prestigieux Infinity Award décerné par l'International Center of Photography de New York.
Au cours d'un reportage mené à Ramallah en juin 2007, elle est frappée par une rupture d'anévrisme dévastatrice. Rapatriée d'urgence en France dans un état critique, elle est prise en charge par le personnel médical de l'hôpital Hôpital de la Salpêtrière à Paris. Malgré des mois de soins intensifs, elle ne parvient pas à sortir du coma profond dans lequel elle a été plongée et s'éteint le 5 octobre 2007 à Paris, à l'âge de 45 ans.
Ses obsèques rassemblent de nombreux confrères, journalistes et proches venus lui rendre un dernier hommage solennel. Alexandra Annie Boulat est inhumée au cimetière du Montparnasse à Paris, dans la 8e division, où elle repose aux côtés de son père. Elle laisse derrière elle un héritage visuel considérable, marqué par son engagement indéfectible, sa grande générosité humaine et son courage face au danger.