acqueline Mary du Pré est née le 26 janvier 1945 à Oxford, en Angleterre. Issue d'une famille cultivée, elle est la fille de Derek du Pré et d'Iris Greep, une pianiste talentueuse qui décèle très tôt l'oreille absolue de sa fille. C'est à l'âge de quatre ans, en entendant un violoncelle à la radio, que la petite Jacqueline aurait pointé l'instrument du doigt en demandant "celui-là".
Sa mère compose pour elle de petites pièces accompagnées de dessins pour l'aider à apprendre, mais son talent dépasse rapidement le cadre familial. Elle intègre la Guildhall School of Music à Londres, étudiant auprès de William Pleeth, qu'elle appellera affectueusement son "père violoncelle". Son ascension est fulgurante, marquée par une maturité émotionnelle qui stupéfie les critiques et le public.
En 1961, elle reçoit en cadeau son premier Stradivarius, le "Davidov" de 1712, grâce auquel elle forge son identité sonore unique. Sa prestation du Concerto pour violoncelle d'Elgar, enregistrée en 1965 avec le London Symphony Orchestra sous la direction de Sir John Barbirolli, devient légendaire. Cette œuvre restera à jamais associée à son nom, tant elle y insufflait une passion et une mélancolie profondes.
Sa vie personnelle bascule en 1966 lorsqu'elle rencontre le pianiste et chef d'orchestre Daniel Barenboim. Leur coup de foudre est immédiat et fusionnel, tant sur le plan sentimental que musical. Elle se convertit au judaïsme pour l'épouser en 1967 à Jérusalem, juste après la guerre des Six Jours. Ensemble, avec des amis comme Itzhak Perlman et Pinchas Zukerman, ils forment un cercle de musiciens brillants qui marquent l'histoire de la musique de chambre.
Malheureusement, au sommet de sa gloire, Jacqueline commence à ressentir des symptômes inquiétants : une perte de sensibilité dans les doigts et une fatigue écrasante. Elle doit interrompre sa carrière prématurément au début des années 1970. En 1973, le diagnostic tombe, cruel et définitif : elle est atteinte de sclérose en plaques. Cette maladie dégénérative la force à abandonner son instrument à seulement 28 ans.
Les années qui suivent sont une épreuve de courage. Bien qu'elle ne puisse plus jouer, elle continue de transmettre son savoir en donnant des masterclasses, souvent depuis un fauteuil roulant. Sa résilience face à la perte de son moyen d'expression le plus cher force l'admiration, même si sa santé décline inexorablement au fil des ans.
Jacqueline Mary du Pré s'éteint à Londres le 19 octobre 1987, à l'âge de 42 ans. Sa disparition laisse un vide immense dans le monde de la musique classique, mais son héritage discographique continue d'influencer des générations de violoncellistes. Elle reste l'incarnation d'une virtuosité habitée par une joie de vivre et une intensité tragique.
Elle est inhumée au cimetière juif de Golders Green (Golders Green Jewish Cemetery) à Londres. Sa sépulture, simple, rappelle le passage météorique de celle qui fut l'une des plus grandes interprètes du XXe siècle. Sa musique, capturée dans des enregistrements d'une rare vitalité, continue de résonner partout dans le monde.