Camille Claudel est une artiste sculptrice française, née le 8 décembre 1864 à Fère-en-Tardenois. Son œuvre, empreinte d'une grande expressivité et d'une modernité audacieuse, se détache rapidement des conventions de son époque. Elle fait preuve dès son plus jeune âge d'un talent remarquable pour la sculpture.
Très tôt, elle est soutenue par son père qui la pousse à développer ses dons artistiques, malgré les réticences de sa mère et les difficultés pour une femme d'accéder à la formation et à la reconnaissance dans le milieu de l'art du XIXe siècle. Elle se forme notamment à Paris dans des ateliers privés, les femmes n'étant pas admises à l'École des Beaux-Arts.
Sa rencontre avec Auguste Rodin est un tournant majeur. Elle devient son élève, sa collaboratrice, sa muse et sa maîtresse. Cette relation passionnelle et tumultueuse, qui dure une quinzaine d'années, marque profondément sa vie et son art. Rodin reconnaît et admire son talent, allant jusqu'à la surnommer "la femme aux doigts d'or".
Pourtant, Camille Claudel cherche à s'émanciper de l'influence écrasante du maître pour affirmer son propre génie. Elle ouvre son propre atelier et réalise des œuvres puissantes et personnelles, parmi lesquelles on compte ses chefs-d'œuvre tels que L'Âge mûr, La Vague ou Les Causeuses. Son style, naturaliste et empreint de psychologie, dérange et fascine.
À partir du début du XXe siècle, sa situation se dégrade. Elle souffre de difficultés financières, d'un manque de commandes et d'une rupture douloureuse avec Rodin. Elle développe une paranoïa croissante, s'isolant et accusant Rodin de persécution et de plagiat, allant jusqu'à détruire certaines de ses propres sculptures.
Le décès de son père en 1913, son seul véritable soutien familial, scelle son destin. Sur la demande de sa mère et de son frère, l'écrivain Paul Claudel, elle est internée dans un asile psychiatrique, d'abord à Ville-Évrard, puis au centre hospitalier de Montfavet, près d'Avignon.
Camille Claudel passe près de trente ans internée, malgré des périodes de lucidité et les tentatives de certains proches pour la faire libérer. Sa mère et sa sœur ne lui rendent jamais visite, et son frère Paul, bien qu'il vienne la voir à quelques reprises, maintient son internement jusqu'à la fin de sa vie.
Elle meurt dans cet établissement, le 19 octobre 1943, dans l'oubli et la solitude, victime de la misère et de l'abandon de sa famille, dans le contexte difficile de la Seconde Guerre mondiale.
Elle est inhumée dans la fosse commune du cimetière de Montfavet, près d'Avignon, où ses restes n'ont pas été réclamés par sa famille et ont été transférés ultérieurement.