Vincent Leonard Price Jr. naît le 27 mai 1911 à Saint-Louis, dans l'État du Missouri aux États-Unis. Fils d'un riche industriel de la confiserie, il grandit dans un milieu favorisé qui lui permet de développer très tôt une immense passion pour l'art et l'histoire. Après de brillantes études à l'université Yale et un séjour à Londres, il s'oriente initialement vers une carrière d'historien de l'art avant que l'appel des planches ne modifie radicalement son destin.
Ses débuts sur les scènes de théâtre londoniennes puis new-yorkaises à la fin des années 1930 révèlent un comédien au talent dramatique certain et à la présence imposante. Doté d'une voix de baryton d'une rare élégance et d'une stature impressionnante, il est rapidement repéré par les studios d'Hollywood. Ses premiers rôles au cinéma le cantonnent d'abord à des personnages historiques, des gentlemen ou des figures de soutien dans de grands drames et des films noirs.
C'est à partir des années 1950 que sa carrière prend un tournant décisif qui va l'inscrire définitivement dans la culture populaire. Grâce à ses performances magistrales dans des longs-métrages en relief comme L'Homme au masque de cire, il s'impose comme l'une des figures de proue du cinéma fantastique et d'épouvante. Sa capacité à incarner des personnages à la fois raffinés, cyniques et légèrement théâtraux devient sa véritable signature artistique.
La décennie suivante marque le sommet de sa popularité à travers sa collaboration fructueuse avec le réalisateur Roger Corman. Il devient l'interprète fétiche d'une série d'adaptations très remarquées des œuvres d'Edgar Allan Poe, parmi lesquelles La Chute de la maison Usher ou Le Masque de la mort rouge. Ces rôles de ducs décadents et de savants torturés confirment son statut de maître incontesté du frisson, un titre qu'il porte avec un second degré et un humour noir très appréciés.
Au-delà de son image d'icône de l'horreur, il reste toute sa vie un esthète, un collectionneur d'art reconnu et un critique respecté, publiant même plusieurs livres de cuisine à succès. Sa voix unique devient si célèbre qu'elle transcende le monde du cinéma, l'amenant à collaborer avec la nouvelle génération d'artistes, notamment pour le célèbre monologue parlé du morceau Thriller de Michael Jackson en 1982 ou dans le premier court-métrage de Tim Burton.
Sa dernière apparition majeure sur grand écran a lieu au début des années 1990 dans le film Edward aux mains d'argent, où il incarne avec une immense tendresse le vieux créateur de la créature. Ce rôle poétique sonne comme un ultime hommage du cinéma à sa immense carrière, bouclant la boucle d'une filmographie riche de plus d'une centaine de films.
Grand fumeur et souffrant de la maladie de Parkinson ainsi d'un cancer du poumon, l'acteur s'éteint le 25 octobre 1993 au centre médical de l'UCLA à Los Angeles, en Californie, à l'âge de 82 ans. Sa disparition marque la fin d'une époque dorée du cinéma hollywoodien, laissant le souvenir d'un homme d'une immense culture et d'une grande gentillesse.
Selon ses dernières volontés, Vincent Price n'a pas de sépulture traditionnelle dans un cimetière. Son corps est incinéré et ses cendres sont dispersées dans l'océan Pacifique, au large des côtes de Point Dume à Malibu en Californie, unissant ainsi son souvenir à l'immensité de la nature qu'il affectionnait.