Maria Magdalena Schneider naît le 17 mai 1909 à Augsbourg, dans l'Empire allemand. Fille d'un installateur en plomberie, elle grandit dans un milieu modeste mais développe très tôt une sensibilité artistique évidente. Après avoir suivi des études commerciales pour rassurer ses parents, elle cède rapidement à sa passion pour la scène en intégrant le conservatoire de sa ville natale afin d'y étudier le chant et la comédie.
Ses débuts artistiques se font sur les planches des théâtres locaux, où sa fraîcheur et son dynamisme vocal ne tardent pas à attirer l'attention. C'est au début des années 1930 qu'elle fait ses premiers pas au cinéma, une industrie alors en pleine transition vers le parlant. Son physique de jeune fille saine, sa voix cristalline et son jeu spontané en font rapidement l'incarnation idéale de la jeune femme allemande joyeuse et ingénue dans des comédies musicales et des opérettes filmées.
Sa carrière prend une dimension internationale grâce à sa rencontre avec le réalisateur Ernst Marischka. Elle enchaîne les succès cinématographiques et devient l'une des actrices les plus populaires du cinéma germanophone de l'entre-deux-guerres. Sur les plateaux de tournage, elle fait la rencontre du comédien autrichien Wolf Albach-Retty, qu'elle épouse en 1937 et avec qui elle aura deux enfants, Rosemarie, la future Romy Schneider, et Wolf-Dieter.
Durant la période complexe et sombre du Troisième Reich, sa carrière ne faiblit pas et elle continue de tourner intensivement, s'installant dans la région de Berchtesgaden, en Bavière. Ses choix professionnels et sa proximité géographique et sociale avec les cercles dirigeants du régime de l'époque feront plus tard l'objet de discussions et de controverses historiques. Cette époque marque profondément sa vie personnelle et professionnelle, jetant une ombre sur son parcours d'après-guerre.
Après la capitulation allemande et la fin du conflit mondial, elle subit une baisse d'activité liée à la restructuration du cinéma allemand. Son mariage avec Wolf Albach-Retty prend fin par un divorce. Elle tente alors de relancer sa carrière au début des années 1950, se remariant plus tard avec l'entrepreneur Hans Herbert Blatzheim, qui prendra également en main la gestion des intérêts financiers de sa famille.
C'est au milieu des années 1950 que sa trajectoire professionnelle croise à nouveau le succès massif, mais cette fois-ci dans un rôle de second plan, en accompagnant les premiers pas au cinéma de sa propre fille, Romy Schneider. Ernst Marischka les réunit à l'écran, notamment dans la célèbre trilogie des films consacrés à l'impératrice Élisabeth d'Autriche. En interprétant la duchesse Ludovika, la mère de Sissi, elle supervise de très près la carrière naissante de sa fille, quitte à exercer un contrôle managérial et maternel parfois jugé étouffant.
Lorsque sa fille décide de s'émanciper à la fin des années 1950, notamment en partant s'installer en France, sa propre carrière cinématographique s'interrompt presque définitivement. Elle se retire progressivement des plateaux de tournage, apparaissant de manière très sporadique à la télévision allemande avant de s'éloigner complètement de la vie publique pour se consacrer à sa vie de famille et à ses souvenirs dans sa propriété de Bavière.
Les dernières décennies de son existence sont marquées par de profonds drames personnels, notamment les décès prématurés de son petit-fils David en 1981, puis de sa fille Romy en 1982. Elle traverse ces tragédies dans la discrétion, recluse dans sa maison de Berchtesgaden. Elle s'éteint le 30 juillet 1996 à l'âge de 87 ans dans cette même ville de Berchtesgaden. Elle est inhumée au cimetière de Schönau am Königssee en Allemagne, dans la région alpine qu'elle avait adoptée de son vivant.