Jean Bruno Wladimir François de Paule Lefèvre d'Ormesson est né à Paris le 16 juin 1925. Issu d'une famille de la haute noblesse française, il passe une enfance privilégiée, marquée par une culture classique et un amour précoce pour les livres. Son père, André d'Ormesson, était un diplomate et ambassadeur de France, ce qui a mené le jeune Jean à vivre dans plusieurs pays, notamment la Bavière, la Roumanie et le Brésil, enrichissant ainsi sa perspective sur le monde. Il a poursuivi ses études brillantes, notamment à l'École normale supérieure, où il a obtenu une agrégation de philosophie.
Sa carrière littéraire débute véritablement avec la publication de son premier roman, L'Amour est un plaisir, en 1956, bien qu'il ait déjà publié quelques essais auparavant. Cependant, c'est avec La Gloire de l'Empire en 1971, couronné par le Grand Prix du roman de l'Académie française, que Jean d'Ormesson accède à une reconnaissance publique majeure. Son œuvre se caractérise par une écriture élégante, pleine d'esprit et de légèreté apparente, explorant souvent des thèmes universels tels que le temps, la mémoire, l'histoire et la condition humaine, le tout teinté d'une douce mélancolie et d'une ironie bienveillante.
Il a écrit une quarantaine d'ouvrages, naviguant entre le roman, l'essai et l'autobiographie. Parmi ses titres les plus célèbres figurent Au plaisir de Dieu (1974), qui retrace l'histoire d'une famille aristocratique à travers le XXe siècle, et Histoire du Juif errant (1991). Ses livres, souvent best-sellers, lui ont valu une grande popularité auprès du public, faisant de lui l'une des figures les plus aimées et reconnaissables du paysage littéraire français.
Au-delà de son activité d'écrivain, Jean d'Ormesson a également mené une carrière remarquée dans le journalisme et l'édition. Il a été directeur du quotidien Le Figaro de 1974 à 1977, une période durant laquelle il a défendu une ligne éditoriale libérale et conservatrice. Sa présence médiatique était constante ; il était un invité régulier des émissions de télévision et de radio, où son éloquence, son sens de l'humour et sa bonhomie en faisaient un orateur très apprécié.
Sa reconnaissance institutionnelle fut couronnée par son élection à l'Académie française le 18 octobre 1973, au fauteuil de Jules Romains. À 48 ans, il devient alors le plus jeune immortel. Il a été un membre très actif et dévoué de l'Académie, participant assidûment à ses travaux et contribuant à la vie de l'institution. Sa participation à la fameuse « Coupole » témoignait de son profond attachement à la langue et à la culture française.
Jean d'Ormesson incarnait une certaine idée de l'intellectuel français, à la fois érudit et populaire, défendant un humanisme classique tout en étant parfaitement ancré dans son époque. Il était connu pour sa jovialité légendaire, son nœud papillon distinctif et son optimisme inébranlable, souvent exprimé par sa formule fétiche : « Il y a tant de choses merveilleuses dans la vie ! »
L'un des moments marquants de sa reconnaissance posthume est l'entrée de son œuvre dans la prestigieuse collection de la Bibliothèque de la Pléiade en 2018. Il est seulement le douzième écrivain, et le premier académicien encore en vie au moment de l'annonce, à avoir cet honneur, marquant la reconnaissance définitive de son importance dans la littérature française.
Jean d'Ormesson est décédé le 5 décembre 2017 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), à l'âge de 92 ans, des suites d'une crise cardiaque. Il a eu droit à un hommage national dans la cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides, présidé par le Président de la République. Son corps repose dans le caveau familial au cimetière du Père-Lachaise à Paris (28e division).