Simonne Maria Pacôme est née à Paris, dans le 14e arrondissement, le 18 juillet 1923. Son nom d'artiste, Maria Pacôme, deviendra célèbre sur les planches et à l'écran. Elle est issue d'un milieu modeste, son père Maurice Pacôme étant chauffeur mécanicien et sa mère Germaine Hivonait couturière.
Son enfance est marquée par la tragédie de la Seconde Guerre mondiale. Son père, militant au Parti communiste, est déporté au camp de concentration de Buchenwald en juillet 1944. Son frère, Robert Pacôme, résistant, est fusillé au Mont Valérien en mars de la même année. Ces drames forgent son caractère et sa détermination à remporter une "victoire sur le destin" en se tournant vers le théâtre.
Après avoir quitté l'école adolescente pour aider sa mère en travaillant comme vendeuse chez un chausseur, elle s'inscrit au Cours Simon à l'âge de 18 ans en 1941. Elle y côtoie de futures grandes figures comme Michèle Morgan et Danièle Delorme. C'est durant cette période qu'elle rencontre l'acteur Maurice Ronet, qu'elle épouse en 1950.
Son mariage avec Maurice Ronet marque une pause dans sa carrière naissante. Le couple s'installe à Moustiers-Sainte-Marie pour se consacrer à la peinture et à la céramique. Ce n'est qu'après leur divorce en 1956 qu'elle reprendra pleinement sa carrière de comédienne. Elle donne naissance à son fils, François Pacôme, en 1965, issu de son union avec Serge Bourrier.
Sa carrière théâtrale décolle réellement en 1956 avec La Reine et les Insurgés. Deux ans plus tard, elle connaît un succès retentissant dans Oscar de Claude Magnier, aux côtés de Jean-Paul Belmondo et Pierre Mondy. Elle devient rapidement la figure emblématique de la "bourgeoise exubérante" du théâtre de boulevard, un rôle qu'elle incarnera avec une drôlerie et une vitalité exceptionnelles.
Au cinéma, elle apparaît dans une cinquantaine de films et téléfilms, souvent dans des rôles secondaires marquants. On se souvient notamment de ses rôles dans Le Gendarme de Saint-Tropez (1964) avec Louis de Funès, ou plus tard dans Les Sous-doués (1980) et La Crise (1992). Non contente d'être seulement interprète, elle se lance dans l'écriture de ses propres pièces de théâtre à partir de la fin des années 1970, lassée d'être cantonnée aux mêmes types de personnages.
En tant que dramaturge, elle crée et joue dans des pièces à succès comme Apprends-moi Céline (1977), Le Jardin d'Éponine (1981), et On m'appelle Émilie (1985). Son talent d'auteur lui permet d'exprimer toute l'étendue de sa fantaisie et de sa critique sociale, tout en gardant son style énergique et son sens aigu des bons mots.
Simonne Maria Pacôme s'est éteinte le 1er décembre 2018 à Ballainvilliers, en Essonne, à l'âge de 95 ans, des suites d'un cancer. Ses obsèques ont eu lieu le lundi 10 décembre 2018 au crématorium du cimetière du Père-Lachaise, à Paris, en comité restreint.