Laurentine Mutschler est née le 10 janvier 1915 à Erstein, dans le Bas-Rhin, alors partie de l'Empire allemand. Elle grandit cependant dans une famille alsacienne très attachée à la France. Son père, Florent Mutschler, est ébéniste, et sa mère, Philomène Blanchée, est secrétaire. La famille s'installe à Sainte-Marie-aux-Mines, dans le Haut-Rhin, en 1920.
Elle obtient un diplôme de sténo-dactylo et, avant la guerre, se fiance avec Eugène Diebold, secrétaire de mairie. Elle travaille comme secrétaire dans différents établissements avant de s'engager activement dans la Résistance dès les premières heures de l'Occupation.
Après l'invasion allemande, elle rejoint une filière de passeurs à Sainte-Marie-aux-Mines et fournit son aide pour héberger et faire évader des prisonniers de guerre. Dénoncée ou démasquée, elle est contrainte de fuir l'Alsace annexée. Elle passe la frontière et se réfugie à Lyon à la veille de Noël 1941, où elle retrouve son fiancé.
Elle épouse Eugène Diebold le 31 janvier 1942 à Lyon et trouve un emploi au Service d'entraide des réfugiés et expulsés alsaciens et lorrains. Elle entre dans la clandestinité et rejoint le réseau de renseignements « Mithridate » en mai 1942, utilisant le pseudonyme de Mona. Elle est alors agent de liaison et d'évasion, collectant des informations qu'elle code pour les transmettre à Londres.
Arrêtée une première fois par la police de Vichy en juillet 1942 avec son mari, elle est relâchée faute de preuves. Elle se réfugie un temps à Aix-les-Bains. Elle s'engage ensuite aux Forces françaises libres (FFL) et est affectée, sous le nom de code Mado, aux services de Jean Moulin, Délégué général du général de Gaulle en France.
À partir de septembre 1942, elle devient la secrétaire dactylo de Jean Moulin, jouant un rôle crucial au sein de la Délégation Générale, où elle travaille jour et nuit, notamment en aidant Daniel Cordier, le radio et chiffreur de l'organisation. Elle occupe un véritable bureau à Lyon à partir de janvier 1943.
Elle est finalement arrêtée par la Gestapo à Lyon. Déportée à Ravensbrück, elle survit aux camps et est libérée en avril 1945. Elle avait été faite Compagnon de la Libération par décret du 20 novembre 1944 alors qu'elle était toujours portée disparue en Allemagne. Elle est l'une des six femmes seulement à recevoir cette distinction.
Laure Diebold, de son nom de naissance Laurentine Mutschler, est décédée subitement le 17 octobre 1965, à l'âge de 50 ans, dans le 9e arrondissement de Lyon, des suites de sa déportation. Elle est inhumée en Alsace, au Cimetière de Sainte-Marie-aux-Mines, dans le Haut-Rhin.