Margot Fonteyn, de son vrai nom Margaret Evelyn Hookham, est née le 18 mai 1919 à Reigate, dans le Surrey, en Angleterre. Elle commence la danse dès l'âge de quatre ans, d'abord en Angleterre puis en Chine, où son père travaillait comme ingénieur. Ce métissage culturel précoce et sa discipline naturelle allaient forger le caractère de celle qui deviendrait l'une des plus grandes figures de l'histoire du ballet.
À son retour à Londres au milieu des années 1930, elle intègre la Vic-Wells Ballet School, l'ancêtre du Royal Ballet. Sa grâce particulière et sa technique fluide attirent rapidement l'attention de la chorégraphe Ninette de Valois. C'est à cette époque qu'elle adopte son nom de scène, Margot Fonteyn, une version stylisée du nom de famille de sa mère, Fontes, marquant ainsi le début de sa métamorphose en icône internationale.
Après le départ de la grande Alicia Markova, Fonteyn devient la première ballerine de la compagnie. Elle noue une relation créative historique avec le chorégraphe Frederick Ashton, qui crée pour elle de nombreux chefs-d'œuvre comme Symphonic Variations. Sa capacité à exprimer une émotion pure à travers le mouvement, alliée à une musicalité exceptionnelle, la place au sommet de l'école de danse britannique naissante.
En 1955, elle épouse Roberto Arias, un diplomate et homme politique panaméen. Sa vie prend alors une tournure digne d'un roman d'espionnage, mêlant les paillettes de la scène londonienne aux intrigues politiques d'Amérique centrale. Malgré les épreuves personnelles, notamment l'attentat qui laissera son mari paralysé en 1964, elle restera d'une loyauté indéfectible envers lui, finançant ses soins médicaux par la poursuite de sa carrière.
Alors que l'on pensait sa carrière sur le déclin au début des années 1960, une rencontre fortuite va tout bouleverser. Le jeune danseur soviétique Rudolf Noureïev, qui vient de passer à l'Ouest, devient son partenaire de scène. Malgré leurs dix-neuf ans d'écart, leur alchimie est immédiate et électrique. Ensemble, ils forment le duo le plus célèbre de l'histoire de la danse, redonnant un second souffle à la carrière de Fonteyn qui continuera de danser bien au-delà de l'âge habituel de la retraite.
Nommée Dame Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique en 1956, elle reçoit plus tard le titre rare de Prima Ballerina Assoluta, une distinction accordée à seulement une poignée de danseuses dans l'histoire. Son héritage ne réside pas seulement dans sa virtuosité technique, mais dans l'élégance intemporelle et l'humilité dont elle a fait preuve tout au long de sa vie publique.
Margot Fonteyn s'éteint le 21 février 1991 à Panama, des suites d'un cancer. Fidèle à la terre qui l'avait adoptée par amour, elle a choisi de passer ses dernières années dans une petite ferme, loin des projecteurs de Londres ou de New York. Sa disparition a marqué la fin d'un âge d'or pour le monde du ballet classique.
Elle est inhumée au cimetière Jardín de Paz à Panama City, au Panama. Conformément à ses souhaits de simplicité, elle repose dans le caveau familial de la famille Arias, aux côtés de son époux, loin du faste des abbayes britanniques mais entourée de la chaleur du pays qu'elle chérissait tant.