Jacques Georges Marie Brugnon, né le 11 mai 1895 dans le 8e arrondissement de Paris, reste l'une des figures les plus élégantes et techniques de l'histoire du tennis français. Surnommé affectueusement « Toto », il a marqué le sport par son intelligence de jeu et son tempérament de parfait gentleman sur les courts comme en dehors.
Il commence sa carrière sportive bien avant l'ère professionnelle, s'illustrant rapidement par un style de jeu porté vers l'avant. Membre indissociable de la célèbre épopée des « Quatre Mousquetaires », il a contribué, aux côtés de Jean Borotra, René Lacoste et Henri Cochet, à l'âge d'or du tennis hexagonal durant les années 1920 et 1930.
Bien qu'il fût un excellent joueur de simple, c'est en double que son génie tactique a véritablement éclaté. Sa vision périphérique et son sens de l'anticipation au filet lui ont permis de remporter dix titres du Grand Chelem dans cette discipline, ainsi que deux titres en double mixte, faisant de lui un partenaire extrêmement recherché.
Son palmarès est particulièrement impressionnant à Roland-Garros et Wimbledon, où il a triomphé à de multiples reprises. Sous les couleurs de l'équipe de France, il a participé activement à la conquête et à la conservation de la Coupe Davis, trophée que la France a détenu sans interruption de 1927 à 1932.
Au-delà de ses succès en tournois majeurs, il a également représenté la France lors des Jeux Olympiques de Paris en 1924. Il y a décroché une médaille d'argent en double messieurs aux côtés d'Henri Cochet, confirmant ainsi sa domination mondiale dans cette spécialité.
Sa longévité sur le circuit international a forcé l'admiration de ses pairs. Même après le retrait de ses partenaires mousquetaires, Jacques Brugnon a continué à porter haut les couleurs du tennis français, transmettant son expérience et son éthique de travail aux générations suivantes.
Après sa retraite sportive, il est resté très impliqué dans le milieu du tennis, notamment au sein de la Fédération Française de Tennis. Son nom demeure aujourd'hui gravé dans la légende du sport, symbolisant une époque où le panache et la courtoisie étaient aussi importants que la victoire elle-même.
Il s'est éteint le 20 mars 1978 à Paris, à l'âge de 82 ans. Fidèle à ses racines, sa dépouille a été transférée en France pour y être inhumée. Il repose désormais au cimetière de l'Ouest à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, non loin des courts de Roland-Garros qui furent le théâtre de ses plus grands exploits.