Jonah Tali Lomu est né le 12 mai 1975 à Auckland, en Nouvelle-Zélande. Issu d'une famille d'origine tongienne, il grandit dans le quartier difficile de Mangere. Dès son plus jeune âge, sa stature physique imposante et sa vitesse phénoménale attirent l'attention des entraîneurs de rugby. Bien qu'il ait commencé par le rugby à XIII, c'est au sein du rugby à XV qu'il va véritablement forger sa légende.
Sa carrière prend une dimension planétaire lors de la Coupe du monde 1995 en Afrique du Sud. Sous le maillot des All Blacks, il terrorise les défenses adverses par sa puissance dévastatrice. On se souvient particulièrement de son essai face à l'Angleterre où il piétine littéralement ses opposants pour aller aplatir. À seulement vingt ans, Jonah Tali Lomu devient la première véritable icône mondiale du rugby, transformant ce sport qui entrait alors dans l'ère professionnelle.
Malgré sa domination apparente sur le terrain, l'athlète lutte en coulisses contre un adversaire invisible. Très tôt dans sa carrière, on lui diagnostique un syndrome néphrotique, une maladie rénale rare et grave. Cette pathologie limite ses capacités d'entraînement et l'oblige à mettre sa carrière entre parenthèses à plusieurs reprises. Malgré les traitements lourds, il continue de porter le maillot noir de la Nouvelle-Zélande avec une détermination qui force le respect du monde entier.
En 1999, il participe à sa seconde Coupe du monde, où il inscrit huit essais, portant son total record à quinze réalisations dans cette compétition. Bien que les All Blacks ne remportent pas le trophée, l'impact de l'ailier reste inégalé. Sa présence sur le terrain suffit à mobiliser plusieurs défenseurs, ouvrant des espaces pour ses coéquipiers. Il termine sa carrière internationale avec un bilan impressionnant de trente-sept essais en soixante-trois sélections.
La maladie finit par s'aggraver au début des années 2000, le contraignant à subir une première transplantation rénale en 2004. Ce geste médical lui permet de retrouver une qualité de vie et même de tenter un retour courageux sur les terrains, notamment en Europe et en Nouvelle-Zélande. Bien que sa vitesse d'antan ait diminué, son aura reste intacte et il continue de promouvoir le rugby à travers le monde comme un ambassadeur infatigable.
Malheureusement, le greffon finit par être rejeté par son organisme quelques années plus tard, l'obligeant à reprendre des séances de dialyse quotidiennes. Malgré cet affaiblissement physique, il reste très actif dans la communauté sportive et n'hésite pas à voyager pour soutenir diverses causes caritatives. Son courage face à la souffrance devient une source d'inspiration pour des millions de personnes souffrant de pathologies similaires.
Jonah Tali Lomu s'éteint subitement le 18 novembre 2015 à Auckland, à l'âge de quarante ans. Son décès survient peu après son retour d'un voyage au Royaume-Uni où il avait assisté à la Coupe du monde de rugby. La nouvelle de sa disparition provoque une onde de choc internationale, dépassant largement les frontières du sport. Des hommages vibrants, incluant des hakas traditionnels, sont organisés pour saluer la mémoire de celui qui avait révolutionné le jeu.
Ses obsèques sont célébrées en présence de milliers de fans et de dignitaires. Il est aujourd'hui inhumé au cimetière de Manukau Memorial Gardens, situé à Auckland, en Nouvelle-Zélande. Ce lieu de repos final se trouve dans la région qui l'a vu grandir et où il a commencé à courir avec un ballon ovale. Il laisse derrière lui le souvenir d'un homme humble et d'un géant dont l'influence a permis au rugby de devenir un spectacle global.