Philippe Marcel Louis Gaumont naît le 22 février 1973 à Amiens, dans le département de la Somme. Dès son plus jeune âge, il se passionne pour le cyclisme et intègre les structures régionales où ses capacités physiques exceptionnelles sautent rapidement aux yeux des observateurs. Grand, puissant et doté d'une force de rouleur impressionnante, le jeune Picard gravit à toute vitesse les échelons des catégories de jeunes, se forgeant une solide réputation chez les amateurs.
Le premier grand coup d'éclat de sa carrière survient à l'été 1992, alors qu'il n'est âgé que de dix-neuf ans. Sélectionné pour les Jeux Olympiques de Barcelone, il s'aligne sur l'épreuve du contre-la-montre par équipes de cent kilomètres aux côtés de Jean-Louis Harel, Hervé Boussard et Denis Roux. Le quatuor français réalise une performance de premier ordre et décroche la médaille de bronze, un exploit qui propulse le jeune athlète sous les projecteurs nationaux et valide son immense potentiel chez les professionnels.
Il franchit le pas et passe dans les rangs professionnels en 1994 au sein de la célèbre équipe Castorama, dirigée par Cyrille Guimard. Sa première année est une réussite prometteuse, marquée notamment par une victoire au classement général du Tour du Poitou-Charentes. Ce succès précoce confirme ses aptitudes sur les courses par étapes d'une semaine et les parcours usants, là où sa puissance de rouleur peut faire la différence face au peloton.
La consécration sur une épreuve d'un jour arrive au printemps 1997, sous les couleurs de l'équipe Cofidis. Philippe Marcel Louis Gaumont réalise un chef-d'œuvre tactique et physique en remportant Gand-Wevelgem, une classique belge prestigieuse et réputée pour ses monts pavés et ses bordures venteuses. Cette victoire magistrale l'installe définitivement parmi les grands noms du cyclisme français des années quatre-vingt-dix, capable de briller sur les terrains les plus exigeants du nord de l'Europe.
Malgré ces succès éclatants, la trajectoire du coureur est profondément assombrie par les dérives médicales de son époque. Rattrapé à plusieurs reprises par des contrôles positifs et des enquêtes judiciaires majeures, il devient l'un des visages de la face sombre du peloton. Sa carrière sportive prend fin prématurément au milieu des années deux mille, brisée par les affaires de dopage qui secouent durablement le monde du cyclisme professionnel.
Après avoir raccroché définitivement le vélo, il décide de rompre la loi du silence en publiant un livre confession particulièrement percutant et sans concession sur son passé de coureur. Dans cet ouvrage, il détaille avec une honnêteté crue les rouages du dopage généralisé, les pressions subies et la détresse des coureurs pris au piège du système. Cette démarche courageuse lui vaut le respect de nombreux observateurs pour sa contribution active à la prise de conscience et à l'assainissement de son sport de cœur.
Loin du tumulte des compétitions, il entame une reconversion professionnelle dans sa région d'origine en gérant un établissement de restauration, cherchant à mener une vie plus paisible auprès des siens. Cependant, le destin le rattrape brutalement le 23 avril 2013 lorsqu'il est victime d'un accident cardiaque majeur à son domicile. Pris en charge en urgence, il est transporté au centre hospitalier d'Arras où il est plongé dans un coma profond pendant de longues semaines.
Philippe Marcel Louis Gaumont s'éteint le 17 mai 2013 à Arras, dans le département du Pas-de-Calais, à l'âge particulièrement précoce de quarante ans. Sa disparition tragique suscite une vive émotion parmi ses anciens coéquipiers, ses supporters et le monde du sport picard, qui se souviennent d'un homme attachant et d'un talent pur. Ses obsèques sont célébrées dans l'intimité, et il est inhumé au cimetière de Moreuil, la commune de la Somme où il a grandi et où sa mémoire reste honorée, notamment à travers une course cycliste locale portant son nom.