Andreas Nikolaus Lauda naît le 22 février 1949 à Vienne, au sein d'une riche famille de la bourgeoisie autrichienne. Contre la volonté de ses parents qui le destinent à une carrière dans la finance ou l'industrie, le jeune homme décide de se lancer corps et âme dans la course automobile. Pour financer ses débuts dans les catégories inférieures, il n'hésite pas à contracter de lourds emprunts bancaires en garantissant sa propre vie, faisant preuve dès ses premiers pas d'une détermination et d'une audace hors du commun.
Son talent et son approche extrêmement technique de la course lui ouvrent rapidement les portes de la Formule 1 au début des années 1970. Repéré par la prestigieuse Scuderia Ferrari, il intègre l'écurie italienne et décroche son premier titre de champion du monde en 1975. Surnommé "L'Ordinateur" en raison de sa rationalité, de sa précision clinique au volant et de sa capacité unique à régler les monoplaces, il redéfinit les standards de professionnalisme exigés d'un pilote de course.
La saison 1976 marque à jamais l'histoire du sport et forge sa légende de survivant. Le 1er août, lors du Grand Prix d'Allemagne sur le terrifiant circuit du Nürburgring, il est victime d'un effroyable accident. Sa voiture s'embrase et il reste prisonnier des flammes pendant de longues secondes avant d'être extrait par d'autres pilotes. Grièvement brûlé au visage et ayant inhalé des vapeurs toxiques hautement nocives pour ses poumons, il reçoit les derniers sacrements à l'hôpital.
Faisant preuve d'un courage surhumain qui stupéfie le monde entier, il remonte dans sa monoplace seulement six semaines après le drame, les blessures encore sanglantes sous son casque, pour disputer le Grand Prix d'Italie. Bien qu'il perde le titre cette année-là d'un seul point au profit de son grand rival et ami James Hunt, ce retour impossible reste considéré comme l'un des plus grands exploits de l'histoire du sport. Il prend sa revanche dès l'année suivante en décrochant sa deuxième couronne mondiale en 1977.
Après une première retraite sportive pour se consacrer à l'aviation, sa seconde passion, il effectue un retour fracassant en Formule 1 au début des années 1980 avec l'écurie McLaren. En 1984, au terme d'une lutte acharnée contre son jeune coéquipier Alain Prost, il remporte son troisième et dernier titre de champion du monde pour seulement un demi-point d'avance. Il quitte définitivement les circuits en tant que pilote à la fin de la saison 1985.
Sa vie d'après-course est tout aussi intense et couronnée de succès. Homme d'affaires avisé, il fonde et dirige plusieurs compagnies aériennes, notamment Lauda Air et Niki, gérant ses entreprises avec la même rigueur inflexible que celle qu'il appliquait sur les circuits. Il ne s'éloigne jamais vraiment des paddocks de Formule 1, officiant comme consultant respecté puis comme dirigeant non exécutif de l'écurie Mercedes, jouant un rôle clé dans la domination de l'équipe et le recrutement de Lewis Hamilton.
Au fil des décennies, les séquelles de son accident de 1976 finissent par fragiliser gravement sa santé. Il subit deux transplantations rénales au cours de sa vie, suivies d'une lourde greffe pulmonaire à l'été 2018 dont il peine à se remettre totalement. Son corps, fatigué par tant de batailles physiques, commence à faiblir au cours des mois suivants, entouré par l'affection des siens.
Niki Lauda s'éteint paisiblement dans son sommeil le 20 mai 2019 à l'hôpital universitaire de Zurich, en Suisse, à l'âge de 70 ans. Un hommage national lui est rendu à la cathédrale Saint-Étienne de Vienne, où son casque de course est déposé sur son cercueil. Il est inhumé au cimetière de Neustift (Neustifter Friedhof), situé dans le 19e arrondissement de sa ville natale de Vienne, reposant pour l'éternité dans la crypte familiale.