Georges Brassens naît le 22 octobre 1921 à Sète, sous le nom complet de Georges Charles Brassens. Il grandit dans une famille populaire au bord de la Méditerranée, entre un père maçon, athée et libertaire, et une mère d'origine italienne, très pieuse et aimant la musique. Cet environnement familial contrasté ainsi que la douceur du climat méditerranéen marquent profondément son enfance et nourrissent très tôt son goût pour la poésie et la liberté.
À l'école, il se montre plutôt élève rêveur et rebelle, peu intéressé par les études traditionnelles. C'est grâce à son professeur de français, Alphonse Bonnafe, qu'il découvre la grande poésie classique et contemporaine. Cet enseignant perçoit son talent poétique et l'encourage vivement à écrire ses propres vers, posant ainsi les premières pierres de sa future carrière d'auteur-compositeur.
En 1940, alors que la Deuxième Guerre mondiale fait rage, il monte à Paris pour s'installer chez sa tante Jeanne Le Bonniec. Dans ce petit logement de la rue Santos-Dumont, il vit dans une grande frugalité, sans eau courante ni électricité pendant de nombreuses années. Il passe ses journées à la bibliothèque pour parfaire sa culture littéraire, apprend la guitare en autodidacte et commence à composer ses premières chansons tout en rédigeant des poèmes et des romans.
Pendant l'Occupation, il est envoyé en Allemagne au titre du Service du travail obligatoire. Lors d'un congé accordé en 1944, il choisit de ne pas retourner dans le camp de travail et entre dans la clandestinité. Il retourne se cacher chez sa tante Jeanne et y rencontre Joha Heiman, surnommée Püpchen, qui deviendra l'amour de sa vie et son inspiratrice sans que le couple ne réside jamais sous le même toit ni ne se marie.
La carrière musicale de Georges Brassens prend un tournant décisif au début des années cinquante grâce à sa rencontre avec la chanteuse Patachou. Impressionnée par la qualité de ses textes et de ses mélodies, elle le convainc de monter lui-même sur scène pour interpréter son répertoire. Ses débuts au cabaret révèlent au grand public un artiste atypique, s'accompagnant simplement à la guitare classique et soutenu par une contrebasse.
Très vite, il rencontre un succès considérable tout en suscitant parfois la controverse. Son style poétique remarquable, son humour noir, son anticonformisme et son amoureuse célébration de la liberté dérangent une partie du public conservateur, ce qui vaut à plusieurs de ses chansons d'être interdites d'antenne. Malgré cela, il enchaîne les récitals triomphaux dans les plus grands théâtres parisiens et enregistre de nombreux albums devenus des classiques.
Au cours des décennies suivantes, Georges Brassens s'impose comme une figure majeure de la chanson française et de la culture francophone. Auteur exigeant, il polit sans relâche ses textes avec une précision d'artisan, combinant la richesse du vocabulaire français, l'argot populaire et une prosodie parfaite. Il reçoit le Grand Prix de poésie de l'Académie française en 1967, une distinction qui vient saluer la valeur littéraire exceptionnelle de l'ensemble de son œuvre.
Souffrant depuis de nombreuses années d'une santé fragile et de graves problèmes rénaux, il s'éteint le 29 octobre 1981 à Saint-Gély-du-Fesc, à l'âge de soixante ans. Selon ses dernières volontés, il est inhumé dans sa ville natale de Sète, au cimetière Le Py, souvent appelé le cimetière des pauvres, non loin de la plage de la Corniche qu'il a immortalisée dans sa célèbre chanson Supplique pour être enterré à la plage de Sète.