Jean Dubuffet 1901 - 1985

Photo du défunt
Jean Dubuffet ♂️
Né(e) le :
mercredi 31 juillet 1901
Décédé(e) le :
dimanche 12 mai 1985
Ville nais. :
Le Havre
Dép. nais. :
Seine-Maritime
Pays nais. :
France
Ville décès :
6e arrondissement
Dép. de décès :
Paris
Pays de décès :
France
zodiaque :
Taureau
Age :
83 ans, 9 mois, 11 jours
Né(e) il y a :
124 ans, 9 mois, 11 jours
Décédé depuis :
41 ans

Jean Dubuffet, de son vrai nom Jean Philippe Arthur Dubuffet, naît le 31 juillet 1901 au Havre. Il grandit dans une famille de négociants en vin, un milieu bourgeois mais ouvert à la culture. Très tôt, il montre un intérêt pour le dessin et la peinture, mais aussi pour la littérature et la philosophie. Son adolescence est marquée par des amitiés décisives, notamment avec Georges Limbour, qui l’accompagnera toute sa vie dans ses réflexions artistiques.

En 1918, il s’installe à Paris pour suivre les cours de l’Académie Julian, mais il rejette rapidement l’enseignement académique, qu’il juge trop rigide et éloigné de la vie réelle. Il fréquente les milieux littéraires et artistiques de Montmartre, découvre les avant‑gardes, mais reste méfiant envers les systèmes et les écoles. Cette méfiance deviendra l’un des fondements de sa pensée artistique.

Dans les années 1920, il abandonne temporairement la peinture pour reprendre l’affaire familiale de vin. Cette période, loin d’être stérile, nourrit sa réflexion sur la société, la culture et la création. Il voyage, observe, lit énormément. Mais l’appel de l’art est trop fort : il revient à la peinture en 1933, puis de manière définitive en 1942, en pleine Occupation. C’est à ce moment qu’il commence à développer un style radicalement personnel.

Jean Dubuffet s’intéresse aux productions spontanées, instinctives, non académiques. Il découvre les dessins d’enfants, les œuvres de malades mentaux, les créations de marginaux. Il y voit une forme d’expression brute, authentique, libérée des conventions. En 1945, il forge le concept d’Art Brut, qui deviendra son apport théorique majeur. Il collecte, expose, défend ces œuvres, et s’en inspire profondément dans sa propre pratique.

Son œuvre picturale évolue rapidement : textures épaisses, matériaux pauvres, couleurs terreuses, figures schématiques. Il refuse la virtuosité, la beauté classique, la recherche de l’effet. Pour lui, l’art doit être direct, vital, presque sauvage. Ses séries – Hautes Pâtes, Corps de dames, Texturologies, L’Hourloupe – témoignent d’une inventivité constante et d’une volonté de rompre avec toutes les normes établies.

Dans les années 1960 et 1970, il se tourne vers la sculpture et l’architecture. Ses œuvres monumentales, aux formes labyrinthiques et aux couleurs tranchées, deviennent emblématiques. La Closerie Falbala, Le Jardin d’Hiver, ou encore les grandes figures de L’Hourloupe marquent durablement l’art contemporain. Il est alors reconnu internationalement, exposé dans les plus grands musées, étudié, commenté, parfois contesté, mais toujours incontournable.

Malgré la notoriété, Dubuffet reste fidèle à son esprit critique. Il publie des textes virulents contre la culture institutionnelle, qu’il juge « asphyxiante ». Il défend une vision de l’art comme acte libre, individuel, affranchi des codes. Son écriture, dense et incisive, accompagne toute sa carrière et constitue un volet essentiel de son œuvre.

Jean Philippe Arthur Dubuffet s’éteint le 12 mai 1985 à Paris, à l’âge de 83 ans. Sa disparition marque la fin d’une vie entièrement consacrée à la création, à la réflexion et à la remise en question des certitudes. Il laisse derrière lui une œuvre immense, multiple, qui continue d’influencer artistes, historiens et théoriciens.

Il est inhumé à Tubersent, dans le Pas‑de‑Calais, un village calme et verdoyant où repose également son épouse. Sa sépulture, simple et discrète, reflète l’image d’un homme qui, malgré la célébrité, n’a jamais cessé de défendre une vision humble et essentielle de l’art.