Monique Rabaraona est née le 8 mai 1945 à Fianarantsoa, Madagascar, au sein d’une fratrie de douze enfants portant le nom de famille Rabaraona. Dès son adolescence, elle se passionne pour la musique, influencée par les sons du gospel, du jazz et du rock qui circulent à Madagascar dans les années 1950. Issue d’un milieu familial modeste, elle trouve dans le chant un moyen d’expression et d’évasion.
Avec ses frères et sœurs, elle forme très tôt un groupe familial vocal, d’abord connu sous le nom « Les Rabaraona frères et sœurs », puis « Les Béryls ». Le groupe remporte un premier concours de chant amateur à Madagascar peu après l’indépendance. Cette victoire marque le début d’une aventure musicale collective. Ils enchaînent petits concerts, enregistrements et tournées à Madagascar.
En 1963, Monique et ses compagnons d’aventure prennent la direction de la France : le groupe change de nom pour devenir « Les Surfs ». C’est un tournant majeur pour elle, car elle devient l’une des solistes principales du groupe. La jeune femme découvre les scènes européennes, les studios d’enregistrement et une exposition médiatique accrue. Grâce à cette visibilité, elle s’affirme comme une chanteuse de talent.
Durant les années 1960, Monique se produit dans de nombreux pays, en enchaînant concerts, apparitions télé et enregistrements dans plusieurs langues. Elle incarne l’énergie du groupe, sa voix chaude et son rythme participent à créer ce qui sera considéré comme un moment fort de la musique pop francophone issue de Madagascar. Cette période constitue l’apogée de sa carrière musicale.
Après la dissolution du groupe Les Surfs en 1971, Monique entame un parcours solo et diversifie ses activités : elle vit pendant un temps au Canada, puis revient en France et travaille encore à sa carrière musicale, tout en explorant d’autres horizons. Ce passage marque une transition dans sa vie, entre le succès collectif et la recherche d’un chemin personnel.
Les années suivantes sont marquées par un relatif retrait médiatique, mais Monique reste une figure respectée de la musique yé-yé et pop des années 60. Elle porte en elle l’héritage du groupe familial, et même si elle ne connaît plus la même notoriété, elle conserve auprès de son public une place particulière. Elle est aussi reconnue pour son professionalisme et sa capacité à incarner une certaine élégance vocale.
Monique s’éteint le 15 novembre 1993 à Paris, France. Elle avait 48 ans. Son décès marque la fin prématurée d’un chapitre musical important et son départ est ressenti comme la perte d’une voix exceptionnelle du paysage francophone des années 60.
Elle repose dans le caveau familial de la famille Rabaraona, au village ancestral de Fiakarana, situé au nord de l’aéroport international d’Antananarivo (Madagascar). Ainsi, malgré ses séjours à l’étranger, elle retrouve sa terre d’origine pour son dernier repos.