Romain Gary 1914 - 1980

Photo du défunt
Romain Gary ♂️
Né(e) le :
vendredi 8 mai 1914
Décédé(e) le :
mardi 2 décembre 1980
Ville nais. :
Vilnius
Dép. nais. :
Dzūkija
Pays nais. :
Lituanie
Ville décès :
7e arrondissement
Dép. de décès :
Paris
Pays de décès :
France
zodiaque :
taureau
Age :
66 ans, 6 mois, 24 jours
Né(e) il y a :
112 ans
Décédé depuis :
45 ans, 5 mois, 6 jours

Roman Kacew, plus connu sous son nom de plume Romain Gary, est né le 8 décembre 1914 à Vilna, qui faisait alors partie de l'Empire russe, aujourd'hui Vilnius en Lituanie. Écrivain, scénariste, diplomate et aviateur, son existence fut une quête perpétuelle d'identité, de grandeur et de dépassement des limites, ce qui se reflète profondément dans toute son œuvre littéraire.

Son enfance est marquée par la présence écrasante mais extraordinairement aimante de sa mère, Mina Kacew, ancienne actrice. Après le départ de son père et un passage à Varsovie, Mina et Roman s'installent à Nice, dans le sud de la France, au milieu des années 1920. Sa mère nourrissait pour lui une ambition démesurée, le destinant à devenir un grand homme, un ambassadeur de France ou un immense écrivain, une "promesse de l'aube" que Romain Gary s'est acharné toute sa vie à honorer.

Après des études de droit à Aix-en-Provence et à Paris, la Seconde Guerre mondiale le voit s'engager dans l'armée de l'Air. Fait prisonnier brièvement, il parvient à rejoindre les Forces aériennes françaises libres (FAFL) à Londres et devient un navigateur hors pair, participant à de nombreuses missions de bombardement. Cet héroïsme lui vaut la Croix de la Libération, faisant de lui un Compagnon de la Libération, un titre dont il sera immensément fier.

Sa carrière diplomatique, entamée après la guerre, le mène à des postes variés, notamment à Berne, à New York à l'ONU, et en tant que Consul Général de France à Los Angeles. Cette double vie, entre les salons feutrés de la diplomatie et le travail solitaire de l'écriture, lui forge une perspective unique sur le monde et la nature humaine, souvent teintée d'un humanisme désabusé.

Sa reconnaissance littéraire arrive rapidement avec des romans comme Éducation européenne (1945) et surtout Les Racines du ciel (1956), pour lequel il reçoit le prestigieux Prix Goncourt. Il épouse d'abord l'écrivaine et journaliste Lesley Blanch, puis la célèbre actrice américaine Jean Seberg, avec qui il aura un fils, Alexandre Diego Gary. Leur union passionnée et tumultueuse deviendra un sujet de la presse people et alimentera, malgré lui, sa propre légende romanesque.

Cependant, Gary se sent de plus en plus enfermé dans le personnage public qu'il a créé : le grand écrivain officiel et le héros de guerre. Il ressent le besoin viscéral de se réinventer, de se libérer de ses propres attentes et de celles de ses critiques, de prouver que la littérature est plus forte que l'identité. Il échafaude alors une mystification littéraire sans précédent.

C'est ainsi qu'il invente le pseudonyme d'Émile Ajar. Sous ce nouveau nom, dont l'identité est officiellement attribuée à son petit-neveu, Paul Pavlowitch, Gary publie plusieurs romans, dont Gros-Câlin et l'immense succès La Vie devant soi. Ce dernier remporte le Prix Goncourt en 1975, faisant de Romain Gary l'unique auteur de l'histoire à remporter deux fois le prix littéraire le plus convoité de France (bien que le règlement l'interdise pour une seule et même personne).

La supercherie, gérée avec une incroyable habileté et une poignée de complices, ne sera révélée qu'après sa mort, dans son essai posthume Vie et mort d'Émile Ajar. Le monde découvrira alors l'ampleur de cette blague littéraire, qui était aussi une profonde méditation sur la solitude et la nécessité de l'invention de soi.

Romain Gary s'est donné la mort par arme à feu le 2 décembre 1980 à Paris. Dans une note laissée derrière lui, il précisait : « Aucun rapport avec Jean Seberg. Les men in blue peuvent s'en aller. J'explique ailleurs. » (faisant référence à son suicide). Conformément à ses dernières volontés, il ne fut pas inhumé ; son corps fut incinéré et ses cendres furent dispersées en Méditerranée, au large de Menton, lieu qu'il affectionnait particulièrement.