François Marie Béranger vient au monde le 28 août 1937 à Amilly, dans le département du Loiret. Élevé dans une famille ouvrière, il quitte le système scolaire très tôt, dès l'âge de seize ans, pour entrer dans la vie active. Il est alors embauché sur les chaînes de montage de l'usine automobile Renault à Boulogne-Billancourt, où il découvre de manière très concrète les conditions du travail ouvrier.
Pendant son passage dans l'industrie, le jeune homme forge des convictions politiques fortes et s'engage dans le militantisme syndical. Marqué par les injustices sociales qu'il observe quotidiennement au sein des ateliers, il développe un esprit libertaire et critique envers l'autorité établie. Ces premières années de salariat imprègnent durablement sa vision du monde et constitueront le socle thématique majeur de ses futures créations artistiques.
Au début des années 1960, son parcours est interrompu par le service militaire obligatoire. Envoyé en Algérie durant la guerre d'indépendance, il vit cette expérience comme une épreuve traumatisante. Cet épisode renforce son rejet des institutions militaires, des guerres et des formes d'oppression, nourrissant un antimilitarisme convaincu qui traversera l'ensemble de son œuvre textuelle.
De retour en France métropolitaine, il décide de s'éloigner du travail en usine. Il multiplie les petites activités professionnelles, travaillant notamment dans le milieu de la télévision en tant que régisseur. En parallèle, il commence à écrire ses propres poèmes et chansons, s'accompagnant à la guitare acoustique pour exprimer son désaccord face aux rigidités de la société française.
La fin des années 1960 et le vent de contestation de Mai 68 agissent comme un déclencheur fondamental dans sa carrière. Il se consacre pleinement à la musique et publie ses premiers enregistrements au tout début des années 1970. Son titre *Natacha* rencontre rapidement un vif succès auprès de la jeunesse et des réseaux militants, l'imposant comme l'une des grandes figures de la chanson protestataire et libertaire en France.
Tout au long des années 1970, l'artiste enchaîne les albums et les séries de concerts, devenant une voix emblématique de la contre-culture. Ses textes dénoncent le capitalisme, le contrôle social, le racisme et l'aliénation par le travail, tout en célébrant l'amitié, la liberté individuelle et l'amour. Malgré un refus d'utiliser les réseaux de promotion commerciale traditionnels, il rassemble un public fidèle et remplit de nombreuses salles de spectacle.
Dans les décennies 1980 et 1990, alors que le paysage musical et politique évolue, il poursuit son chemin en toute indépendance, loin du grand public mais toujours soutenu par un noyau de passionnés. Il continue de produire des albums et de se produire sur scène, abordant des thématiques plus intimes ou le temps qui passe, sans jamais renier ses idéaux de jeunesse ni son indépendance artistique.
François Marie Béranger meurt des suites d'un cancer le 14 octobre 2003 à son domicile situé à Sauve, dans le Gard, à l'âge de 66 ans. Après la tenue de cérémonies d'adieu, il est inhumé le 17 octobre 2003 au cimetière du Champ-Juvénal de Castelnau-le-Lez, dans le département de l'Hérault.