Jean Acker, de son vrai nom Harriet Jean Acker, voit le jour le 23 octobre 1893 à Trenton, dans l'État du New Jersey aux États-Unis. Grandissant dans une Amérique en plein bouleversement culturel, elle se découvre très tôt une passion pour les arts du spectacle. Séduite par l'émergence du cinéma muet, elle décide de tenter sa chance dans ce milieu naissant où tout reste à construire.
Elle commence sa carrière artistique sur les planches avant de faire ses premiers pas devant la caméra au début des années 1910. Grâce à sa prestance et à son physique avantageux, elle décroche rapidement des rôles dans de nombreuses productions hollywoodiennes. Sans devenir l'étoile la plus étincelante du cinéma muet, elle s'impose comme une actrice secondaire régulière et appréciée des studios de l'époque.
Le tournant de sa vie publique survient en 1919 lors de sa rencontre avec l'acteur Rudolph Valentino, alors au début de sa fulgurante ascension. Le couple se marie précipitamment la même année, mais cette union s'avère particulièrement tumultueuse et très courte. Dès la nuit de noces, Jean Acker enferme son époux à l'extérieur de leur chambre d'hôtel, marquant le début d'une séparation immédiate qui s'achèvera par un divorce médiatisé en 1923.
Malgré cette relation éphémère et rocambolesque, l'actrice reste indissociablement liée au nom de la star mondiale qu'était devenus Valentino. Elle continue néanmoins de tourner dans plusieurs films durant les années 1920, naviguant dans les coulisses d'un Hollywood en pleine effervescence. Sa notoriété personnelle reste grandement façonnée par les échos de sa vie sentimentale dans la presse people de l'époque.
Avec l'avènement du cinéma parlant au tournant des années 1930, la carrière de Jean Acker connaît un net ralentissement, un phénomène partagé par de nombreuses vedettes du muet. Elle ne quitte pas complètement l'industrie cinématographique pour autant, acceptant de petites apparitions et des rôles de figuration non crédités jusqu'à la fin des années 1950, faisant preuve d'une grande persévérance.
Au-delà de sa carrière à l'écran, elle mène une vie privée plus sereine à partir des années 1930 en s'installant avec sa compagne de longue date, Chloe Carter. Ensemble, elles vivent à l'écart du tumulte hollywoodien, tout en restant ancrées dans la région de Los Angeles où Jean Acker a construit l'essentiel de ses souvenirs et de sa vie d'adulte.
Elle traverse les décennies suivantes dans une relative discrétion, témoin privilégié de l'évolution spectaculaire de l'industrie du cinéma américain. Elle s'éteint de causes naturelles le 16 août 1978 à Los Angeles, en Californie, à l'âge vénérable de 84 ans, bouclant ainsi un chapitre marquant de l'histoire du premier Hollywood.
Jean Acker repose aujourd'hui au cimetière Holy Cross de Culver City, situé dans le comté de Los Angeles en Californie. C'est dans ce lieu de mémoire, prisé par de nombreuses figures de l'âge d'or du cinéma américain, qu'elle trouve son dernier repos, laissant derrière elle le souvenir d'une pionnière de l'écran muet.