Marie Déa 1912 - 1992

Photo du défunt
Marie Déa ♀️
Né(e) le :
vendredi 17 mai 1912
Décédé(e) le :
dimanche 1 mars 1992
Ville nais. :
Nanterre
Dép. nais. :
Hauts-de-Seine
Pays nais. :
France
Ville décès :
10ᵉ arrondissement
Dép. de décès :
Paris
Pays de décès :
France
zodiaque :
taureau
Age :
79 ans, 9 mois, 13 jours
Né(e) il y a :
114 ans
Décédé depuis :
34 ans, 2 mois, 16 jours

Odile Marie Élisabeth de Bertheas, connue sous le pseudonyme de Marie Déa, est née le 17 mai 1912 à Nanterre. Issue d'une famille de la bourgeoisie, elle se destine initialement à des études de droit avant de bifurquer vers sa véritable passion : l'art dramatique. Cette décision l'amène à fréquenter les cours de l'école de la rue Blanche, où son élégance naturelle et sa voix singulière commencent rapidement à attirer l'attention des professionnels du milieu.

Elle fait ses premiers pas au cinéma à la fin des années 1930, une période de transition majeure pour le septième art français. Son physique gracieux et son jeu empreint d'une certaine mélancolie lui permettent de décrocher des rôles de jeunes premières. Elle se distingue notamment par une capacité à incarner des personnages à la fois fragiles et déterminés, ce qui devient rapidement sa signature à l'écran.

Le tournant décisif de sa carrière survient en 1942, en pleine Occupation, lorsqu'elle est choisie par Marcel Carné pour incarner Anne dans le chef-d'œuvre Les Visiteurs du soir. Ce rôle de jeune femme pure dont l'amour parvient à vaincre les maléfices du Diable, interprété par Jules Berry, la propulse au rang d'icône du cinéma français. Ce film reste aujourd'hui encore le pilier central de sa filmographie et l'un des sommets du réalisme poétique.

Durant les années de guerre et l'immédiat après-guerre, elle enchaîne les projets de qualité, travaillant avec des réalisateurs de renom. Elle tourne notamment dans Orphée de Jean Cocteau en 1950, où elle prête ses traits à Eurydice face à Jean Marais. Ce rôle confirme son aisance dans les univers oniriques et fantastiques, renforçant son image d'actrice "intemporelle" aux yeux du public et de la critique.

Parallèlement à son succès cinématographique, Marie Déa mène une carrière prolifique sur les planches. Le théâtre reste pour elle un espace de liberté et d'exigence technique. Elle interprète aussi bien les classiques que les auteurs contemporains, prouvant que son talent ne se limite pas à l'image fixée sur la pellicule. Sa présence scénique est saluée pour sa sobriété et son intensité émotionnelle.

Avec le temps, et l'arrivée de la Nouvelle Vague, ses apparitions au cinéma se font plus rares et se tournent vers des rôles de composition. Elle ne dédaigne pas pour autant la télévision naissante, participant à plusieurs dramatiques et séries qui lui permettent de rester proche du grand public. Elle traverse les décennies avec une discrétion choisie, fuyant les mondanités pour se concentrer sur son art.

Sa vie personnelle reste marquée par une grande réserve, loin des scandales qui agitent souvent le milieu du spectacle. Elle conserve jusqu'au bout cette aura de distinction qui avait fait son succès dès ses débuts. Sa carrière, riche de plusieurs dizaines de films et de pièces, témoigne d'une fidélité absolue à une certaine idée de l'élégance française et du métier de comédienne.

Marie Déa s'éteint le 1er mars 1992 à Paris, des suites d'un accident domestique. Conformément à ses racines et à son histoire, elle est inhumée au cimetière de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, sa ville natale. Elle y repose désormais, laissant derrière elle le souvenir d'un visage lumineux qui a marqué l'une des périodes les plus sombres mais aussi les plus créatives de l'histoire du cinéma français.