Cornelis Theodorus Maria van Dongen, plus connu sous le nom de Kees van Dongen, naît le 26 janvier 1877 à Delfshaven, un quartier de Rotterdam. Issu d’une famille de la classe moyenne, il montre très tôt un intérêt marqué pour le dessin et la couleur. Enfant solitaire mais observateur, il passe de longues heures à croquer les scènes de rue, les visages et les silhouettes qui l’entourent. Cette sensibilité visuelle, déjà vive, annonce l’artiste audacieux qu’il deviendra.
À l’adolescence, il étudie à l’École des Arts décoratifs de Rotterdam, où il perfectionne son trait et découvre les grands maîtres de la peinture moderne. Son tempérament indépendant le pousse toutefois à sortir des cadres académiques. Il s’intéresse aux mouvements artistiques émergents, notamment à l’expressionnisme et aux recherches sur la couleur qui marqueront profondément son œuvre.
En 1897, il quitte les Pays-Bas pour Paris, attiré par l’effervescence artistique de la capitale. Il s’installe à Montmartre, au Bateau-Lavoir, où il côtoie d’autres jeunes artistes en quête de renouveau. La vie y est difficile, mais l’énergie créative du lieu nourrit son ambition. Il collabore à des journaux satiriques comme L’Assiette au beurre, ce qui lui permet de se faire connaître grâce à ses dessins incisifs et expressifs.
En 1904, le marchand Ambroise Vollard lui offre sa première exposition personnelle. L’année suivante, il participe au Salon d’Automne aux côtés de Matisse, Vlaminck et Derain. Les couleurs vives et violentes de leurs œuvres choquent le public et la critique, qui les surnomme les « Fauves ». Van Dongen devient ainsi l’un des représentants majeurs du fauvisme, mouvement qui révolutionne l’usage de la couleur dans l’art moderne.
Sa carrière s’envole rapidement. Il devient l’un des portraitistes les plus recherchés de la haute société parisienne. Ses modèles incluent Arletty, Anna de Noailles, Sacha Guitry ou encore Léopold III de Belgique. Ses portraits, sensuels, élégants et parfois provocants, capturent l’esprit d’une époque marquée par le luxe, la liberté et l’audace. Son style, reconnaissable entre mille, mêle couleurs saturées, lignes souples et atmosphère mondaine.
Dans les années 1920, il obtient la nationalité française et reçoit plusieurs distinctions, dont la Légion d’Honneur. Il voyage, expose à travers le monde et continue de peindre avec une énergie intacte. Malgré les évolutions de l’art moderne, il reste fidèle à son esthétique flamboyante, centrée sur la figure humaine et la puissance expressive de la couleur.
Kees van Dongen s’éteint le 28 mai 1968 à Monaco, à l’âge de 91 ans. Il laisse derrière lui une œuvre immense, marquée par la liberté, l’audace et une vision profondément personnelle de la beauté. Son influence demeure forte dans l’histoire de l’art du XXᵉ siècle, notamment dans la manière d’aborder le portrait et la couleur.
Il est inhumé au cimetière de Monaco, où repose également une partie de la famille princière. Ce lieu paisible, surplombant la Méditerranée, offre un cadre à la hauteur de l’élégance et de la sensibilité de l’artiste.