Violette Germaine Nozière est née le 11 janvier 1915 à Neuvy-sur-Loire. Elle a été l'auteure d'un parricide retentissant qui a marqué les années 1930 en France. Issue d'une famille modeste, son père Baptiste Nozière étant cheminot, elle rejetait la vie "médiocre" que lui offrait son milieu et rêvait d'une existence plus aisée, allant jusqu'à se faire passer auprès de ses fréquentations, notamment dans le Quartier Latin, pour une bourgeoise fortunée.
Cette double vie, faite de mensonges, d'oisiveté, de dépenses et, selon certaines sources, de prostitution, l'a conduite à une situation critique, d'autant plus qu'elle avait contracté la syphilis. Cherchant à se libérer de l'autorité parentale et à obtenir de l'argent pour son mode de vie, elle a planifié l'impensable.
Dans la nuit du 21 au 22 août 1933, à leur domicile rue de Madagascar à Paris, Violette a fait ingérer un puissant barbiturique à ses parents, sous prétexte d'un remède, vraisemblablement dans l'intention de les voler et de les faire disparaître. Son père, Baptiste Nozière, est décédé lors de son transfert à l'hôpital, mais sa mère, Germaine Nozière, a survécu à l'empoisonnement.
Arrêtée le 28 août 1933, l'affaire a immédiatement défrayé la chronique, divisant l'opinion publique. Violette, à 18 ans, est devenue le symbole d'une jeunesse dévoyée pour les uns, et pour d'autres, notamment les Surréalistes (qui la surnommèrent l'Ange noir), la figure de la révolte contre l'ordre moral et la société bourgeoise, surtout après qu'elle eut accusé son père d'inceste.
Son procès, largement médiatisé, s'est tenu en octobre 1934. Le 12 octobre 1934, Violette Nozière est condamnée à la peine de mort par la cour d'assises de Paris pour meurtre et tentative de meurtre (parricide). La peine a été commuée en travaux forcés à perpétuité par le Président Albert Lebrun, les femmes n'étant plus guillotinées à cette époque.
Elle a été transférée à la Centrale de Haguenau, puis à la prison pour femmes de Rennes. Son comportement en prison a été jugé exemplaire. Sa peine a été réduite à 12 ans de travaux forcés par le Maréchal Pétain en 1942, et elle fut finalement libérée le 29 août 1945. Le Général de Gaulle lui a accordé la grâce le 17 novembre suivant.
Après sa libération, Violette Nozière s'est réinsérée. Elle a fondé une famille et a eu cinq enfants. Fait extrêmement rare, elle a été réhabilitée par la cour d'appel de Rouen le 13 mars 1963, une mesure effaçant sa condamnation et ses conséquences juridiques.
Violette Germaine Nozière est décédée le 26 novembre 1966 à 51 ans au Petit-Quevilly. Elle est inhumée dans le cimetière de Neuvy-sur-Loire, sa ville natale. Elle laisse derrière elle une affaire criminelle qui continue de fasciner et d'être étudiée comme un révélateur des tensions sociales et morales de l'entre-deux-guerres.