Henri-Marie Raymond de Toulouse-Lautrec-Monfa est un peintre et lithographe français né le 24 novembre 1864 à Albi. Il est issu de l'une des plus anciennes familles de la noblesse française, descendant des comtes de Toulouse. Ses parents, le comte Alphonse de Toulouse-Lautrec et Adèle Tapié de Céleyran, étaient cousins germains, un lien familial qui serait à l'origine de ses problèmes de santé.
Son enfance fut d'abord heureuse, mais elle bascula vers 1874 lorsqu'une maladie, souvent attribuée à une anomalie congénitale (pycnodysostose ou ostéogenèse imparfaite), affecta le développement de ses os. Entre mai 1878 et août 1879, il se fractura successivement le fémur gauche puis le fémur droit, des accidents qui aggravèrent son retard de croissance. Il ne dépassa jamais la taille d'1,52 mètre, son torse d'adulte reposant sur des jambes atrophiées et fragiles.
Après l'échec de divers traitements médicaux, y compris les électrochocs, le jeune Henri décide de se consacrer entièrement à l'art, ayant déjà montré un talent précoce pour le dessin pendant ses longues périodes d'alitement. Il commence sa formation artistique formelle à Paris.
Il étudie d'abord auprès de René Princeteau, un peintre animalier ami de son père, avant d'intégrer en avril 1882 l'atelier de Léon Bonnat, puis celui de Fernand Cormon en novembre de la même année. C'est dans ce dernier atelier qu'il fait la rencontre d'autres artistes qui marqueront l'histoire de l'art, notamment Vincent van Gogh et Émile Bernard.
Toulouse-Lautrec s'installe dans le quartier de Montmartre, qui devient le centre de sa vie et de son inspiration. Il se détache des conventions académiques et développe un style qui le place en marge des écoles établies, influencé par Degas et par l'esthétique des estampes japonaises. Il se concentre sur une représentation "vraie et non idéale" de la vie parisienne.
Il est surnommé l'âme de Montmartre, fréquentant assidûment les cabarets, les théâtres et les maisons closes. Ses toiles et ses célèbres lithographies, notamment ses affiches publicitaires, immortalisent des figures emblématiques de la Belle Époque telles que Yvette Guilbert, Aristide Bruant et La Goulue. Il dépeint la foule, le mouvement, mais aussi les coulisses de ces lieux, offrant un regard lucide, ironique et souvent plein d'humanité sur les danseuses, les actrices et les travailleuses du sexe.
Malgré un travail artistique acharné et une production prolifique (il a créé plus de 300 lithographies et des centaines de peintures), sa vie est marquée par les excès, en particulier l'abus d'alcool. Les complications liées à l'alcoolisme et à d'autres maux, comme la syphilis, altèrent peu à peu sa santé.
Au début de l'année 1899, Henri-Marie Raymond est hospitalisé en raison de désordres mentaux et de crises de délire, avant de se retirer à Bordeaux puis de rejoindre sa mère en Gironde. Il est victime d'une attaque d'apoplexie en août 1901, qui le rend hémiplégique.
Henri-Marie Raymond de Toulouse-Lautrec-Monfa s'éteint prématurément au domaine de Malromé, propriété de sa mère à Saint-André-du-Bois, Gironde, le 9 septembre 1901, à l'âge de 36 ans.
Il est inhumé au cimetière de Verdelais, en Gironde. Sa mère et son ami Maurice Joyant ont joué un rôle crucial après sa mort pour faire reconnaître son œuvre et créer le musée Toulouse-Lautrec dans sa ville natale d'Albi.