Blanchette Brunoy, de son vrai nom Blanche Bilhaud, est née le 5 octobre 1915 à Paris. Fille de médecin, elle grandit dans un milieu privilégié et cultive très tôt un goût pour les arts et la comédie. Destinée initialement à une vie bourgeoise, elle choisit de suivre sa passion en intégrant le Conservatoire de Paris, où elle affine son jeu sous la direction de maîtres renommés de l'époque.
Sa carrière décolle véritablement à la fin des années 1930, lorsqu'elle devient l'une des figures emblématiques du cinéma français. Avec son visage doux et son regard mélancolique, elle incarne souvent la jeune ingénue ou l'amoureuse romantique. Son talent lui permet de travailler avec les plus grands réalisateurs du « réalisme poétique », imposant sa présence délicate sur les écrans noirs et blancs.
L'un des sommets de son parcours professionnel reste sans doute sa collaboration avec Jean Renoir dans le chef-d'œuvre La Bête humaine en 1938. Elle y donne la réplique à Jean Gabin, marquant les esprits par sa justesse émotionnelle. Ce rôle de Flore consolide sa notoriété et fait d'elle une actrice incontournable du paysage cinématographique de l'avant-guerre.
Durant l'Occupation et l'après-guerre, elle continue de tourner régulièrement, diversifiant ses rôles pour échapper à l'étiquette de la jeune fille fragile. Elle s'illustre aussi bien dans des drames que dans des comédies de mœurs, prouvant une grande versatilité. Sa voix cristalline et sa diction parfaite font d'elle une comédienne très appréciée, tant par la critique que par le public.
Parallèlement au grand écran, Blanchette Brunoy mène une carrière prolifique sur les planches de théâtre. Elle foule les scènes des plus grands théâtres parisiens, interprétant aussi bien les classiques que les auteurs contemporains de son temps. Le théâtre reste pour elle un laboratoire de jeu essentiel, lui permettant de garder un contact direct et vibrant avec les spectateurs.
Avec l'arrivée de la télévision, elle ne tarde pas à s'adapter à ce nouveau média, participant à de nombreux téléfilms et séries qui lui permettent de rester présente dans le cœur des Français. Bien que le cinéma lui propose des rôles plus matures avec le temps, elle ne perd jamais cette aura de bienveillance et de dignité qui caractérisait ses premières apparitions.
Elle s'éteint le 3 avril 2005 à Manosque, laissant derrière elle une filmographie riche de plus de quatre-vingts films et de multiples pièces de théâtre. Sa disparition marque la fin d'une époque pour le cinéma français, celui des grands studios et des récits humanistes. Elle est reconnue comme une actrice ayant traversé les décennies avec une élégance et une discrétion remarquables.
Blanchette Brunoy est inhumée au cimetière de l'Abbaye à Yerres, dans le département de l'Essonne. Elle repose dans cette commune où elle avait passé une partie de sa vie, loin du tumulte parisien. Sa sépulture demeure un lieu de recueillement pour les cinéphiles qui souhaitent rendre hommage à cette figure lumineuse du septième art.