Luigi Comencini voit le jour le 8 juin 1916 à Salò, une charmante commune située au bord du lac de Garde, dans la province de Brescia en Italie. Issu d'une famille d'origine lombarde, il passe une partie de son enfance et de son adolescence en France, notamment à Paris, en raison des obligations professionnelles de son père. Ce double ancrage culturel et cette confrontation précoce avec la langue et la culture françaises influenceront durablement son regard et sa future carrière artistique.
De retour en Italie, il s'installe à Milan pour y suivre des études d'architecture, un domaine qui lui permet de structurer son sens de l'espace et du cadre. C'est durant cette période universitaire qu'il se passionne définitivement pour le septième art, participant activement à la création d'une importante cinémathèque italienne aux côtés de figures majeures du milieu intellectuel milanais, posant ainsi les jalons de sa future implication dans le cinéma national.
Après la Seconde Guerre mondiale, il s'installe à Rome et débute véritablement sa carrière de réalisateur et de scénariste, s'affirmant rapidement comme l'un des pères fondateurs de la comédie à l'italienne. Contrairement au néoréalisme pur et souvent dramatique de l'époque, il choisit d'observer la société italienne en pleine reconstruction à travers le prisme de l'humour, de la satire sociale et d'une profonde tendresse humaine, sans jamais masquer les réalités de la pauvreté.
Son talent éclate aux yeux du grand public et de la critique internationale au début des années 1950 grâce au immense succès du film Pain, Amour et Fantaisie. Ce long-métrage, qui met en scène Vittorio De Sica et Gina Lollobrigida, capture avec brio l'esprit d'une Italie rurale, provinciale et passionnée, et installe définitivement le cinéaste comme un maître du divertissement intelligent et populaire.
Tout au long de sa prolifique filmographie, il se distingue par une sensibilité unique et mondialement reconnue pour diriger les enfants à l'écran. À travers des œuvres majeures comme L'Incompris ou sa célèbre adaptation télévisuelle de Pinocchio, il parvient à capter la psychologie enfantine avec une justesse, une absence de mièvrerie et une mélancolie qui bouleversent les spectateurs, faisant de l'enfance le miroir des failles du monde des adultes.
En parallèle, il continue de brosser un portrait sans concession de la bourgeoisie et de la politique italiennes à travers des œuvres plus sombres ou grinçantes, à l'image de L'Argent de la vieille. Son cinéma, bien que profondément ancré dans les réalités de son pays, touche à l'universel et lui permet de diriger les plus immenses stars de son temps, qu'elles soient italiennes ou internationales, qui louent toutes sa grande discrétion et son humanité sur les plateaux de tournage.
Au crépuscule de sa vie, affaibli par la maladie, le cinéaste se retire progressivement des plateaux de tournage pour se consacrer à l'écriture de ses mémoires et passer du temps auprès de sa famille, notamment de ses filles qui ont choisi de suivre ses traces dans le milieu du cinéma. Il laisse derrière lui une œuvre immense, composée de dizaines de films qui restent des piliers de l'histoire du cinéma européen.
Luigi Comencini s'éteint le 6 avril 2007 à Rome, à l'âge de 90 ans, après avoir lutté courageusement contre une longue maladie. Ses obsèques se déroulent dans la capitale italienne en présence de nombreuses personnalités du monde de la culture et du spectacle venus lui rendre un dernier hommage. Il est ensuite inhumé au cimetière monumental de Verano à Rome, reposant ainsi au cœur de cette ville qui aura été le théâtre de ses plus grands succès artistiques.