Paul Charles Joseph Marie Guimard voit le jour le 3 mars 1921 à Saint-Mars-la-Jaille, une commune située dans le département de la Loire-Atlantique. Issu d'une famille bretonne, il développe très tôt deux passions qui marqueront l'ensemble de son existence : l'écriture et l'appel du grand large. Ses racines et son éducation catholique à Nantes forgent le caractère d'un homme qui saura naviguer entre le journalisme de terrain et la haute littérature.
Après avoir effectué ses études secondaires au collège Saint-Stanislas, il fait ses premières armes professionnelles dans le monde de la presse locale et de la radio. Durant les années de guerre, il exerce notamment comme chroniqueur hippique et chargé des faits divers, des expériences qui aiguisent son sens de l'observation sociale. Sa voix devient familière aux auditeurs lorsqu'il anime « La tribune de Paris », une émission radiophonique où il côtoie déjà les figures politiques de son temps.
La consécration littéraire arrive au milieu des années 1950 avec la publication de son premier roman, « Les faux frères », qui lui vaut le grand prix de l'Humour. Ce succès initial est rapidement confirmé par « Rue du Havre », récompensé par le prix Interallié en 1957. Ces ouvrages révèlent une plume sensible, capable d'explorer avec finesse la part d'ironie et de hasard qui régit les relations humaines.
L'année 1962 marque un tournant avec son tour du monde à bord du voilier La Constance. Malgré un grave accident en 1963 qui l'oblige à une longue convalescence, Paul Guimard transforme cette aventure maritime en matière littéraire. De cette période naîtra son œuvre la plus emblématique, « Les choses de la vie », publiée en 1967. Ce roman sera magistralement porté à l'écran par Claude Sautet, avec un duo d'acteurs devenu légendaire : Romy Schneider et Michel Piccoli.
Au-delà de son œuvre romanesque, l'écrivain s'engage dans la vie publique par amitié pour François Mitterrand, rencontré au milieu des années 1960. Cette complicité le mène jusqu'aux couloirs de l'Élysée en 1981, où il officie comme chargé de mission pour la culture et la communication. Homme de conviction mais toujours épris de liberté, il ne reste que peu de temps dans ces « antichambres gouvernementales » avant de rejoindre la Haute Autorité de l'audiovisuel.
Durant les deux décennies suivantes, Paul Guimard continue de diversifier ses activités, alternant entre son rôle d'éditeur-conseil chez Hachette, ses éditoriaux pour l'hebdomadaire L'Express et ses propres écrits. En 1993, il reçoit le prix littéraire de la fondation Prince-Pierre-de-Monaco pour l'ensemble de sa carrière, une distinction qui vient saluer la cohérence d'un parcours dédié aux lettres françaises.
Il partage sa vie pendant plus de cinquante ans avec la femme de lettres Benoîte Groult, formant l'un des couples les plus respectés du milieu intellectuel parisien. Ensemble, ils cultivent un amour commun pour la mer et la Bretagne, tout en restant des observateurs attentifs et critiques de la société contemporaine. Paul Guimard s'éteint finalement le 2 mai 2004 à Hyères, dans le département du Var, à l'âge de 83 ans.
Conformément à son attachement viscéral pour sa région d'origine et la mer, il est inhumé au cimetière du Grand-Fougeray, en Ille-et-Vilaine. Cette dernière demeure, située au cœur de sa Bretagne natale, symbolise le retour définitif du marin et de l'écrivain vers les terres qui ont nourri son imaginaire et sa sensibilité tout au long de sa vie.