Carole Denise Fredericks voit le jour le 5 juin 1952 à Springfield, dans l'État du Massachusetts aux États-Unis. Issue d'une famille profondément imprégnée par la musique, notamment grâce à son frère aîné, le célèbre bluesman Taj Mahal, elle grandit au rythme des gospels, du blues et de la soul. Très tôt, elle développe une puissance vocale exceptionnelle et un sens du rythme inné qui la poussent à tenter sa chance dans le monde de la chanson, loin de sa Nouvelle-Angleterre natale.
En 1979, poussée par un désir d'aventure et de nouveaux horizons artistiques, elle décide de s'installer en France. Ne parlant pas un mot de français à son arrivée, elle s'adapte pourtant avec une rapidité déconcertante grâce à son talent brut. Sa voix chaude et sa présence scénique captivent immédiatement le milieu musical parisien, lui permettant de devenir en quelques années l'une des choristes les plus sollicitées du pays, accompagnant les plus grands noms de la variété francophone.
Durant les années 1980, elle collabore en studio et sur scène avec des artistes de premier plan tels que Serge Gainsbourg, Johnny Hallyday, Michel Berger ou encore France Gall. Sa silhouette imposante, son rire communicatif et surtout sa capacité à sublimer les morceaux des autres en font une figure incontournable des coulisses du spectacle. Pourtant, le grand public ne connaît encore que sa voix sans toujours pouvoir y associer un nom.
Le grand tournant de sa carrière survient en 1990 lorsque Jean-Jacques Goldman décide de la mettre en pleine lumière. Aux côtés du guitariste gallois Michael Jones, ils forment le trio Fredericks Goldman Jones. Ce projet propulse la chanteuse américaine au rang de star à part entière. Ensemble, ils enchaînent les tubes planétaires et les tournées triomphales à travers toute la francophonie, marquant durablement les mémoires par leur complicité et leur énergie débordante.
Au sein du trio, elle n'est plus seulement une voix de soutien mais une interprète magistrale qui porte des morceaux restés célèbres, à l'image du titre Né en 17 à Leidenstadt ou des envolées gospel de Juste après. Sa générosité et son authenticité sur scène conquièrent définitivement le cœur des Français, qui l'adoptent comme l'une des leurs. Après la séparation amicale du groupe au milieu des années 1990, elle choisit de poursuivre sa route en solo.
Elle publie alors des albums personnels où elle explore ses racines musicales, mêlant habilement le blues, le gospel et la chanson française. En parallèle de sa carrière artistique, elle s'investit corps et âme dans des œuvres humanitaires, notamment pour la scolarisation des enfants en Afrique et la lutte contre le sida. Elle utilise sa notoriété naissante pour défendre des causes qui lui tiennent profondément à cœur, faisant preuve d'une immense générosité au quotidien.
Sa trajectoire lumineuse s'interrompt brutalement le 7 juin 2001 à Dakar, au Sénégal, alors qu'elle s'y trouve pour donner un concert de bienfaisance. Victime d'une crise cardiaque foudroyante à l'âge de 49 ans, sa mort soudaine provoque une onde de choc et une immense tristesse en France et dans le monde de la musique. Les hommages affluent de toutes parts pour saluer une artiste lumineuse et une femme de cœur.
Après son rapatriement, ses obsèques se déroulent à Paris dans l'intimité de ses proches et de ses amis du métier. Carole Fredericks repose désormais au cimetière de Montmartre, situé dans le 18e arrondissement de la capitale française. Sa sépulture est régulièrement fleurie par ses admirateurs qui n'oublient pas le sourire, la voix d'or et la bienveillance de celle qui aura traversé l'Atlantique pour marquer à jamais l'histoire de la chanson française.