Étienne Pelissier Jacques de Bujac est né le 20 avril 1904 à Carlsbad, dans le territoire du Nouveau-Mexique. Fils d'un avocat d'origine française, il grandit dans un environnement marqué par la perte précoce de sa mère, décédée peu après sa naissance. Avant de connaître la gloire sous les projecteurs d'Hollywood, il mène une vie d'aventurier, exerçant une multitude de métiers allant de marin à boxeur, en passant par vendeur de voitures et travailleur dans les abattoirs.
Sa destinée bascule lors d'une soirée à Hollywood où il fait la rencontre fortuite de David O. Selznick, un producteur influent. Cette entrevue lui ouvre les portes des studios RKO. Adoptant le pseudonyme de Bruce Cabot, il fait ses premières apparitions non créditées à l'écran dès 1931. Son physique athlétique et sa haute stature attirent rapidement l'attention des réalisateurs à la recherche de visages marquants pour le cinéma d'action.
L'année 1933 marque un tournant historique dans sa carrière lorsqu'il est choisi pour incarner Jack Driscoll dans le film épique King Kong. En sauvant Fay Wray des griffes du grand singe, il devient instantanément une figure emblématique du héros masculin de l'époque. Ce rôle restera le plus célèbre de sa filmographie, l'inscrivant définitivement dans l'histoire du septième art comme celui qui a affronté la huitième merveille du monde.
Malgré le succès de King Kong, Bruce Cabot ne s'enferme pas dans les rôles de jeune premier romantique. Il démontre une grande polyvalence en explorant des personnages plus sombres et complexes. Il livre des performances remarquées en tant qu'antagoniste, notamment dans le film Furie de Fritz Lang en 1936, où il incarne le meneur d'une foule en colère, ou encore dans Le Dernier des Mohicans la même année.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il met sa carrière entre parenthèses pour servir au sein des forces aériennes de l'armée des États-Unis. Il opère principalement dans les services de renseignement en Afrique du Nord et en Europe. À son retour à Hollywood, le paysage cinématographique a évolué, mais il parvient à se réinventer grâce à une amitié solide et durable avec une autre légende du cinéma.
Cette amitié avec John Wayne, née sur le tournage de L'Ange et le Mauvais Garçon en 1947, devient un pilier de sa fin de carrière. Bruce Cabot intègre le cercle restreint des habitués du "Duke" et apparaît dans onze de ses films, dont des classiques comme Les Comancheros, Le Grand McLintock ou encore Les Bérets Verts. Cette collaboration lui permet de rester actif et respecté dans le milieu du western et du film d'aventure.
Sa toute dernière apparition cinématographique a lieu en 1971 dans le film de James Bond Les diamants sont éternels. Il y interprète Bert Saxby, le bras droit d'un milliardaire reclus. Ce rôle de manager de casino corrompu boucle une carrière riche de près de cent films, s'étalant sur quatre décennies. Il s'éteint peu de temps après, le 3 mai 1972, à l'âge de 68 ans, des suites d'un cancer du poumon à Woodland Hills, en Californie.
Conformément à ses racines et à son attachement pour sa terre natale, son corps est rapatrié après son décès. Il est aujourd'hui inhumé au cimetière de Carlsbad (Carlsbad Cemetery), au Nouveau-Mexique, reposant ainsi dans la ville même où il avait vu le jour au début du siècle.