Sir Arthur John Gielgud, né le 14 avril 1904 à South Kensington, dans la ville de Londres, demeure l’une des figures les plus emblématiques du théâtre et du cinéma britannique du XXe siècle. Issu d’une famille profondément ancrée dans l’art dramatique par sa mère, Kate Terry, il a porté avec distinction l’héritage de la dynastie Terry tout en forgeant sa propre légende sur les planches et devant les caméras.
Sa carrière a débuté au début des années 1920, mais c’est véritablement son interprétation d’Hamlet en 1930 qui a marqué un tournant, le propulsant au rang de star et définissant pour plusieurs générations une manière de dire le texte shakespearien. Sa voix, souvent décrite comme un "violoncelle" pour sa richesse et sa modulation, est devenue son instrument le plus précieux, capable de transmettre les émotions les plus subtiles.
Bien que le théâtre ait été son premier amour et sa plus grande réussite, il a su s'adapter aux exigences du cinéma au fil des décennies. Si ses premières apparitions à l'écran remontent aux années 1930, notamment avec Alfred Hitchcock, c’est sa victoire aux Oscars en 1982 pour son rôle de maître d'hôtel pince-sans-rire dans le film "Arthur" qui a cimenté sa popularité auprès d'un public international plus jeune.
Tout au long de sa vie, il a fait preuve d'une modestie et d'un humour parfois féroce envers lui-même, restant actif professionnellement presque jusqu’à la fin de ses jours. Il a partagé sa vie pendant de nombreuses années avec son compagnon Martin Hensler, dont le décès en 1999 l'a profondément affecté, marquant le début de son propre déclin physique.
Arthur John Gielgud s'est éteint paisiblement le 21 mai 2000, à l'âge de 96 ans, dans son manoir de South Pavilion situé à Wotton Underwood, dans le Buckinghamshire. Sa disparition a marqué la fin d'une ère pour les arts de la scène, car il était le dernier survivant de la "trinité" des géants du théâtre britannique qu'il formait avec Laurence Olivier et Ralph Richardson.
Concernant ses dernières volontés, l'acteur avait spécifiquement demandé à ce qu'aucune cérémonie commémorative publique ne soit organisée après sa mort. Son corps a été incinéré au crématorium d'Oxford, situé à Headington. Ses cendres ont ensuite été dispersées dans la plus stricte intimité dans le jardin de sa propriété de Wotton Underwood, là où il avait vécu ses dernières années entouré de ses souvenirs.
Malgré cette volonté de discrétion, son héritage est honoré par une pierre commémorative en marbre bleu de Purbeck, dévoilée en 2022 dans le "Coin des Poètes" de l'abbaye de Westminster à Londres. Cette plaque, située près des sépultures de ses amis et collègues Laurence Olivier et Peggy Ashcroft, porte l'inscription de son nom et de ses dates, gravée dans un style imitant sa propre écriture.
John Gielgud reste aujourd'hui un modèle de dévouement à l'art dramatique, ayant traversé le siècle avec une élégance et une précision technique inégalées. Sa contribution au rayonnement de la culture britannique est également visible à Londres, où le célèbre Globe Theatre a été rebaptisé le Gielgud Theatre en son honneur de son vivant, en 1994.