Jean Louis Côme Vilar est né le 25 mars 1912 à Sète, dans le département de l'Hérault. Fils de commerçants qui tenaient une mercerie-bonneterie, il a grandi dans un univers provincial imprégné de culture grâce à un père autodidacte. C’est dans cette atmosphère qu’il s’initie aux classiques de la littérature et à la pratique du violon, instrument qu'il pratique assidûment durant sa jeunesse.
En 1932, il décide de quitter Sète pour Paris afin d'y poursuivre des études de lettres à la Sorbonne. Pour financer son séjour, il travaille comme surveillant au collège Sainte-Barbe. Son destin bascule lorsqu'il découvre le théâtre à l'Atelier sous la direction de Charles Dullin, dont il devient l'élève puis le régisseur de 1935 à 1937. Il y apprend une vision exigeante et humble de la mise en scène.
Après avoir été réformé pour raisons de santé en 1940, il rejoint la troupe des Comédiens de la Roulotte. Cette expérience de théâtre itinérant est fondatrice : il y découvre le plaisir de jouer devant des publics divers et populaires. En 1943, il franchit une nouvelle étape en fondant sa propre compagnie, la Compagnie des Sept, affirmant ainsi son désir d'indépendance artistique.
L'année 1947 marque un tournant majeur avec la création de la Semaine d'art dramatique en Avignon, qui deviendra le célèbre Festival d'Avignon. Jean Vilar y impose une esthétique nouvelle, débarrassée du rideau et de la rampe, privilégiant le texte et le jeu des acteurs dans le cadre majestueux de la Cour d'honneur du Palais des papes. Il dirigera cette institution jusqu'à sa mort.
En 1951, il est nommé à la tête du Théâtre national populaire (TNP) au Palais de Chaillot. Sa mission est claire : faire du théâtre un « service public » accessible à tous. Il réduit le prix des places, organise des avant-premières pour les étudiants et les ouvriers, et s'entoure de comédiens d'exception comme Gérard Philipe, qui incarne pour lui les grands rôles du répertoire.
Malgré son immense succès, il fait face dans les années 1950 à des critiques et des pressions politiques. On lui reproche ses choix d'auteurs, comme Bertolt Brecht, ou sa volonté de bousculer les conventions. Fatigué par le manque de moyens accordés à ses ambitions, il quitte la direction du TNP en 1963, tout en restant profondément investi dans le Festival d'Avignon.
Jean Louis Côme Vilar s'éteint le 28 mai 1971 à Sète, sa ville natale. Sa disparition marque la fin d'une époque où le théâtre était perçu comme un outil essentiel de l'éducation populaire et de l'émancipation sociale. Son héritage intellectuel et sa rigueur artistique continuent d'influencer durablement la mise en scène contemporaine.
Conformément à ses racines, il est inhumé au cimetière marin de Sète, un lieu qui surplombe la mer Méditerranée. Il repose dans la sépulture familiale, non loin d'un autre illustre Sétois, Paul Valéry. Sa tombe est restée un lieu de mémoire pour tous ceux qui partagent sa vision d'un art exigeant offert au plus grand nombre.