Roger Adrien Lapebie est né le 16 janvier 1911 à Bayonne, dans les Basses-Pyrénées. Issu d'un milieu modeste, il se passionne très tôt pour le cyclisme, un sport qui commence alors à captiver les foules en France. Doté d'un tempérament combatif et d'une pointe de vitesse remarquable, il gravit rapidement les échelons des courses régionales avant de s'attaquer aux épreuves nationales les plus prestigieuses.
Surnommé « Le Placide » par ses pairs pour son calme apparent qui cachait pourtant une volonté de fer, il intègre le peloton professionnel au début des années 1930. Sa carrière prend une dimension internationale lorsqu'il commence à s'illustrer sur les routes du Tour de France. Coureur polyvalent, il était capable de briller aussi bien sur les terrains plats que lors des ascensions difficiles, ce qui faisait de lui un redoutable concurrent pour le classement général.
L’année 1937 marque le sommet absolu de sa carrière sportive. Dans un climat de tension extrême et de rivalité intense, notamment avec le champion italien Gino Bartali et le Belge Sylvère Maes, Roger Adrien Lapebie parvient à s'emparer du maillot jaune. Sa victoire finale cette année-là reste gravée dans l'histoire en raison des polémiques liées aux pénalités de temps et aux incidents de course, mais elle consacre avant tout son endurance et son intelligence tactique.
Outre son triomphe sur la Grande Boucle, il s'est illustré dans des classiques de renom. Il a notamment remporté Paris-Nice en 1937, confirmant sa domination sur cette saison exceptionnelle, ainsi que le Critérium National. Son palmarès est le reflet d'un athlète complet qui savait gérer l'effort sur plusieurs semaines tout en étant capable de fulgurances lors de courses d'un jour.
Sa carrière est malheureusement interrompue par le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, privant le champion de ses meilleures années de maturité physique. Malgré cette coupure forcée, il reste une figure respectée du milieu cycliste. Après avoir rangé son vélo de compétition, il ne s'éloigne jamais vraiment de la route, continuant d'observer avec passion l'évolution d'un sport qu'il avait contribué à populariser.
Au-delà de ses propres exploits, Roger Adrien Lapebie est également le patriarche d'une véritable lignée de cyclistes. Son frère Guy Lapebie fut lui aussi un grand champion, médaillé olympique, et son fils Christian a suivi les traces familiales. Cette transmission de la passion du vélo a permis au nom de Lapebie de rester vivant dans le cœur des amateurs de cyclisme bien après la fin de sa carrière professionnelle.
Roger Adrien Lapebie s'est éteint le 12 octobre 1996 à l'hôpital de Pessac, en Gironde, à l'âge de 85 ans. Sa disparition a suscité une vive émotion dans le monde du sport, rappelant à tous l'époque héroïque du cyclisme d'avant-guerre. Il laissait derrière lui l'image d'un homme intègre, dont le palmarès force le respect et dont la victoire de 1937 demeure l'un des récits les plus épiques du Tour de France.
Il est inhumé au cimetière de Talence, dans la banlieue de Bordeaux, en Gironde. Sa sépulture est un lieu de souvenir pour les passionnés de la "Petite Reine" qui viennent rendre hommage à celui qui fut l'un des rares Français à inscrire son nom au palmarès du Tour durant l'entre-deux-guerres. Sa mémoire est également honorée par une piste cyclable célèbre qui porte son nom en Gironde, reliant Bordeaux à Sauveterre-de-Guyenne.