René Dary 1905 - 1974

Photo du défunt
René Dary ♂️
Né(e) le :
mardi 18 juillet 1905
Décédé(e) le :
lundi 7 octobre 1974
Ville nais. :
Paris
Pays nais. :
France
Ville décès :
Plan-de-Cuques
Dép. de décès :
Bouches-du-Rhône
Pays de décès :
France
zodiaque :
Balance
Age :
69 ans, 2 mois, 19 jours
Né(e) il y a :
121 ans, 1 jour
Décédé depuis :
51 ans, 9 mois, 12 jours

Né **Anatole Émile Édouard Mary** le 18 juillet 1905 dans le 6e arrondissement de Paris, celui qui deviendra célèbre sous le pseudonyme de René Dary connaît une trajectoire tout à fait exceptionnelle dans le paysage audiovisuel français. Fils d'un artiste de café-concert (le comique Abélard), il grandit dans l'atmosphère effervescente du spectacle parisien du début du XXe siècle, un environnement qui va déterminer sa vocation précoce et l'orienter presque naturellement vers les plateaux de tournage.

Dès son plus jeune âge, il devient l'un des premiers enfants stars du cinéma muet mondial. Sous la direction du légendaire réalisateur Louis Feuillade, il incarne le personnage comique et espiègle de "Bébé" dans près de quatre-vingts courts-métrages tournés entre 1910 et 1913. Sous le nom de Bébé Abélard, ce petit garçon en costume de marin conquiert le public de la Belle Époque, devenant une véritable vedette avant même d'avoir atteint l'âge de dix ans.

Toutefois, la transition vers l'adolescence marque un coup d'arrêt à cette première carrière cinématographique. S'éloignant temporairement des studios, le jeune homme se tourne vers le sport et se lance avec passion dans la boxe professionnelle au début des années 1920. Sous le nom d'Émile Mary, il dispute de nombreux combats sur les rings, forgeant ainsi une carrure athlétique et une stature physique imposante qui lui serviront grandement lorsqu'il décidera de revenir à sa première vocation artistique.

Son retour au cinéma s'opère dans les années 1930, avec l'avènement et la démocratisation du cinéma parlant. Adoptant définitivement le nom de **René Dary**, il enchaîne d'abord les rôles secondaires avant de s'imposer comme un jeune premier viril et charismatique. Sa gouaille toute parisienne, son physique d'ancien boxeur et son grand naturel à l'écran lui permettent d'incarner des personnages populaires, des ouvriers, des marins ou des mauvais garçons au grand cœur, s'inscrivant parfaitement dans la veine du réalisme poétique de l'époque.

Pendant la période sombre de l'Occupation et dans l'immédiat après-guerre, René Dary atteint le sommet de sa popularité sur le grand écran. En 1943, il se distingue particulièrement en incarnant le célèbre détective Nestor Burma dans le film *120, rue de la Gare* réalisé par Jacques Daniel-Norman, d'après l'œuvre du romancier Léo Malet. Son jeu direct et sans fioritures convainc le public comme la critique, faisant de lui l'un des acteurs incontournables et les plus rentables du cinéma français de ces années-là.

Les années 1950 amorcent un tournant dans sa carrière cinématographique, les goûts du public évoluant et de nouvelles vedettes émergeant sur les écrans. Il accepte alors des rôles de composition plus matures, jouant souvent les figures paternelles, les figures d'autorité, les truands vieillissants ou les policiers expérimentés. Bien que moins présent en haut de l'affiche et parfois relégué aux seconds rôles, il continue de tourner très régulièrement, apportant sa présence rassurante et son énorme expérience à de nombreuses productions françaises.

C'est l'essor de la télévision dans les années 1960 qui va lui offrir une véritable renaissance artistique et le faire découvrir à une toute nouvelle génération de spectateurs. Le rôle du commissaire Ménardier dans le célébrissime feuilleton *Belphégor ou le Fantôme du Louvre* en 1965, aux côtés de Juliette Gréco, marque un triomphe retentissant. Son interprétation de ce policier tenace, bourru mais profondément humain, reste l'une des prestations les plus mémorables de l'histoire du petit écran en France.

René Dary continue de travailler presque jusqu'à la fin de sa vie, ne perdant jamais la passion du jeu qui l'habitait depuis sa toute petite enfance. Il s'éteint le **7 octobre 1974** dans la commune de Plan-de-Cuques, située dans le département des Bouches-du-Rhône, à l'âge de 69 ans. Laissant derrière lui une filmographie colossale qui traverse littéralement l'histoire du cinéma français depuis ses balbutiements muets, **il repose aujourd'hui dans le cimetière de L'Isle-sur-la-Sorgue**, dans le département du Vaucluse, ville où il avait choisi d'être inhumé.

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