Erich von Stroheim 1885 - 1957

Photo du défunt
Erich von Stroheim ♂️
Né(e) le :
mardi 22 septembre 1885
Décédé(e) le :
dimanche 12 mai 1957
Ville nais. :
Vienne
Pays nais. :
Autriche
Ville décès :
Paris
Pays de décès :
France
zodiaque :
Taureau
Age :
71 ans, 7 mois, 20 jours
Né(e) il y a :
140 ans, 7 mois, 20 jours
Décédé depuis :
69 ans

Erich Oswald Hans Carl Maria von Stroheim est né le 22 septembre 1885 à Vienne, au sein d'une famille de la bourgeoisie commerçante juive. Bien qu'il ait plus tard construit toute une légende autour d'une prétendue ascendance aristocratique et d'une carrière d'officier de cavalerie dans l'armée austro-hongroise, la réalité de ses premières années était bien plus modeste. Il a quitté l'Europe pour les États-Unis en 1909, arrivant à Ellis Island avec très peu de moyens mais une ambition dévorante pour se réinventer totalement.

À son arrivée en Amérique, il exerce divers métiers précaires avant de se tourner vers le monde du spectacle et d'aboutir à Hollywood. C'est durant cette période qu'il adopte la particule « von » et forge son personnage d'aristocrate prussien rigide et sophistiqué. Ses débuts au cinéma se font sous l'aile de D.W. Griffith, pour qui il travaille comme figurant, consultant militaire et assistant, apprenant ainsi les rouages de la mise en scène sur les plateaux de superproductions naissantes.

Sa réputation explose durant la Première Guerre mondiale, où il incarne avec une conviction glaçante des officiers allemands sadiques, ce qui lui vaut le surnom de « l'homme que vous aimerez haïr ». Cette image publique, mélange de cruauté et de distinction, devient sa marque de fabrique. Cependant, son esprit créatif ne se contente pas de la comédie, et il parvient rapidement à passer derrière la caméra pour réaliser ses propres œuvres, marquant l'histoire du cinéma muet par un réalisme psychologique inédit.

En tant que réalisateur, il devient célèbre pour son perfectionnisme obsessionnel et son mépris total des budgets et des contraintes de temps. Ses films, tels que Folies de femmes ou le monumental Les Rapaces, sont des fresques naturalistes d'une noirceur absolue, explorant la cupidité et la misère humaine. Sa volonté de filmer chaque détail avec une authenticité documentaire le conduit régulièrement en conflit ouvert avec les grands studios de l'époque, notamment la Metro-Goldwyn-Mayer.

Le tournage de Queen Kelly avec Gloria Swanson marque le déclin de sa carrière de metteur en scène à Hollywood, les producteurs ne supportant plus ses excès financiers et ses thématiques jugées trop scabreuses. Évincé de la réalisation, il retourne sur le devant de la scène en tant qu'acteur, offrant des performances mémorables qui sauvent sa situation financière. Son talent pour l'interprétation reste intact, porté par une présence physique imposante et un regard d'une intensité rare.

Il finit par s'installer en France dans les années 1930, où il trouve un respect et une liberté créative qu'Hollywood lui refusait désormais. C'est là qu'il tourne dans l'un de ses rôles les plus emblématiques, celui du commandant von Rauffenstein dans La Grande Illusion de Jean Renoir. Ce personnage d'officier mélancolique, prisonnier de ses propres codes d'honneur dans un monde qui change, semble être le reflet parfait de la propre existence de Stroheim, suspendue entre mythe et réalité.

Après la Seconde Guerre mondiale, il fait un retour remarqué à Hollywood pour jouer son propre rôle de réalisateur déchu dans Boulevard du Crépuscule de Billy Wilder. Ce film, véritable mise en abyme de sa propre légende, le montre aux côtés de Gloria Swanson, bouclant ainsi la boucle d'une carrière marquée par la grandeur et la décadence. Malgré ce succès critique, il choisit de passer ses dernières années sur le sol français, loin des projecteurs californiens.

Erich von Stroheim s'éteint le 12 mai 1957 à Maurepas, en France, succombant à un cancer après avoir reçu la Légion d'honneur quelques mois plus tôt. Conformément à son attachement pour sa terre d'adoption, il est inhumé au cimetière de Maurepas, dans les Yvelines. Sa tombe reste aujourd'hui un lieu de pèlerinage pour les cinéphiles, rendant hommage à celui qui fut l'un des premiers véritables auteurs maudits du septième art.